Mes passions, en long, en large, en travers

20 juin 2018

PASSION MAROC

J'ai choisi le Maroc, car j'adore les pays du Maghreb, mais cela aurait fait trop de sujets et j'ai donc décidé d'en choisir un seul. C'est le Maroc qui m'a semblé (de façon sûrement très subjective) le plus riche en histoire, en villes fabuleuses, en architecture, en habitats typiques, en gastronomie... Désolée pour la Tunisie (que j'adore) et l'Algérie (que je ne connais pas mais qui doit être sublime), mais non, c'est comme pour la Scandinavie, il me fallait juste un nom, qui symboliserait un peu tous les autres.

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Il faut dire que le Maroc est un peu spécial pour moi. Mon tout premier boulot m'a fait fréquenter plusieurs sociétés marocaines et cotoyer des Marocains. C'est grâce à eux que j'ai gagné cet amour pour le Maghreb en général (je suis allée plusieurs fois en Tunisie). Connaissant mon intérêt sincère pour leurs récits divers et variés sur leur beau pays, mes collègues, clients, fournisseurs, tous d'une gentillesse incroyable, ne manquaient pas, quand ils revenaient, de m'apporter des petits cadeaux, un livre, une paire de babouches, un disque de musique... J'ai appris quelques mots d'arabe et j'adorerais me plonger beaucoup plus dans cette langue. Mais vraiment, je n'ai pas le temps de tout faire !

Le Maroc, c'est le soleil, les villes impériales, le couscous, les Berbères, l'Atlas et la mer, les fantasia, les ryads de Marrakech, Casablanca la blanche, etc. etc. etc...

J'ai hâte de commencer mon voyage virtuel (pas que : je suis allée à Marrakech une fois, et on adorerait retourner pour faire les villes impériales, et aussi la Côte Atlantique... mais comme déjà dit, vu notre âge et l'état de nos finances, ça ne se fera probablement jamais, il faut faire des choix, et nous avons tellement d'envies !).

 

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19 juin 2018

VOYAGE CANADA / ETATS-UNIS - JUILLET 2011

L'un des plus beaux moments de ma vie. J'en rêvais depuis l'enfance. J'ai toujours adoré les Etats-Unis. Mes parents étaient déjà admiratifs de la culture américaine : normal, ils avaient vécu la guerre et les Américains étaient leurs sauveurs, leurs libérateurs. Ma génération a grandi dans ce culte-là. J'aimais les westerns, les comédies musicales, les films noirs des années 50, le rock, le blues, le jazz, Marilyn Monroe, je rêvais de voir les gratte-ciel, de manger un "vrai" hamburger... Mais c'était loin, c'était cher.

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Manhattan, New York

Et puis, après les dix ans de galère que furent la maladie de mon père, puis de ma mère, et leur décès, et alors que j'avais - du coup - hérité d'une petite somme d'argent, Florent me dit un soir : "Et si on se le payait, ce voyage aux Etats-Unis ? Tu ne trouves pas qu'on l'a mérité ?". J'étais interloquée... non, ce n'était pas possible, c'était trop fou, et puis soudain je me suis dit qu'il avait drôlement raison !

BANCO

Pour une "première", on a eu envie de la sécurité d'un voyage organisé. On ne perd pas de temps à chercher des places de parkings, des gares, des tickets d'entrées, des restaurants dans notre budget... on nous emmène voir pile poil ce qu'il y a à voir. Le souci, c'était qu'aucun tour-operator ne proposait le nord-est (la destination que nous avions choisie, à cause de New York, incontournable !) sans une partie au Canada. Je trouvais ça un peu "gâché" ; j'aurais préféré faire deux villes de plus dans le Connecticut ou deux jours de plus à New York... Mais on n'avait pas le choix. Et puis petit à petit, on s'est dit que voir Montréal, c'était quand même vachement bien aussi ! 

Et c'est ainsi qu'un jour de juillet 2011, nous nous sommes envolés pour l'Amérique. J'adore les aéroports et les avions... mais le voyage par lui-même, pas vraiment. Faute de voyager en Business Class, on a droit aux sièges bien serrés les uns contre les autres, on peut à peine bouger les jambes, ni tourner les pages de son livre sans filer un coup de coude dans les côtes du voisin, et les films sont inaudibles vu le bruit général. De toute façon, j'ai gardé mes bouchons tout le vol. Jusqu'alors, je n'avais fait que des voyages de deux heures maxi. Là, six heures, ouillle, ouille... On m'avait dit que le meilleur moyen de ne pas trouver le temps long et d'être moins incommodé par le décalage horaire, c'était de dormir. Mais comment dormir avec un tel barouf (même avec les bouchons). Mais bon, c'était pour la bonne cause ! J'étais excitée comme une puce, j'avais hâte d'arriver.

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Aéroport de Montréal

Nous commençons par le Canada et nous débarquons à l'aéroport de Montréal. Il est 17h00 - 23 heures, heure française. Ca devrait le faire : on se balade, on mange un morceau et on se couche vers 20h00 soit 2 heures du matin, heure française. C'était jouable !

On passe la douane et tout le bazar, on saute dans le car et on nous emmène à notre hôtel. On est déjà comme des gosses, émerveillés par les gratte-ciel qui se profilent au loin !!! Notre guide nous donne rendez-vous le lendemain matin à 08h00. D'ici là, quartier libre. Hôtel très sympa, avec chambre au 10e étage, qui nous donne une vue sympa sur la ville, qui ressemble à un petit New York.

Nous sommes dans un quartier idéal, juste au nord de la vieille ville au coeur français, et à deux pas de la ville moderne, des métros, de tout ce qu'il faut pour se balader. Le boulevard est immense, les immeubles très hauts ! Je danse de joie sur les trottoirs : "Je suis en Amérique ! Je suis en Amérique !" ; les Québecois me regardent en rigolant : "Bon séjour, alors !" Pour cette soirée, nous décidons de descendre vers le port et le vieux Montréal, avec ses bâtiments de pierre grise et un petit je ne sais quoi de Saint-Malo. Tout le monde est dehors, il fait beau et c'est la fête nationale du Canada (1er juillet) ; il y a des petits drapeaux partout, les gens sont joyeux, les rires fusent. Nous allons manger des bagels au fromage... nous tombons sur une serveuse française, qui travaille là depuis plusieurs années et a désormais l'accent du Québec. Rigolo. Sacré accent, soit dit en passant. Quand ils s'adressent à nous, ils font attention... mais quand ils parlent entre eux, ça devient incompréhensible ! Moi qui adore les langues, je note, je note ; trop marrant. A Montréal, ils sont quasiment tous bilingues. Le français prédomine mais l'anglais n'est jamais loin.

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Le vieux Montréal

Le lendemain matin, hop dans le car et nous faisons connaissance de nos covoyageurs. On appréhende toujours un max car nous sommes très sauvages, très solitaires ; mais au final on trouve toujours des personnes sympas, ensuite il suffit d'essayer d'éviter les débiles. Là, on prend un gros coup sur la casquette car le guide se met à gonfler des ballons-boudins, avec lesquels il se confectionne une sorte de coiffe de chef indien, et il se met à chanter une incantation, la "danse du soleil", pour que le grand Manitou nous honore de ses chauds rayons pour nos visites. Le tout en dansant d'un bout à l'autre du car et en parsemant son texte de ouououou façons amérindienne. Ouh la la... Puis il nous raconte la blague du jour. Serge, parce qu'il s'appelle Serge, est en fait, il va nous l'expliquer, intermittent du spectacle, en plus de guide. Et nous allons découvrir un vrai clown, qui va nous faire beaucoup beaucoup rire, tout en étant extrêmement sérieux sur l'organisation du voyage et très intéressant par ses nombreux commentaires, analyses, et récits historiques sur toutes les régions et villes que nous allons visiter. Une fois passée la danse du soleil du matin, un peu surprenante, on s'habitue à son petit quart d'heure de folie, et il est formidable.

Nous allons sympathiser avec un couple et leurs ados jumeaux qui apportent jeunesse, fraîcheur et fantaisie à cette équipée de vieux, il faut bien le dire ! Il y a également deux adolescentes, avec leurs grand-parents. J'ai adoré leur présence à tous les quatre ! Ce fut joyeux, drôle et plein de vie ! Ils s'amusaient par exemple à prendre en photo ceux qui s'endormaient dans le car... A mourir de rire !

Bien, nous voilà sur la route d'Ottawa, capitale du Canada, dans l'Est de l'Ontario. Super fan des camions américains au "long nose", je suis comblée. Nous nous arrêtons dans une station-service pour le pipi... j'en profite pour aller voir les poids lourds garés. Ils sont nickel, super bien entretenus et les chauffeurs toujours très fiers quand on leur demande si on peut prendre une photo.  

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Ottawa est fondée en 1826 et choisie pour être capitale en 1857. Elle accueille les institutions fédérales du pays, tels que le Parlement et les résidences du gouverneur général et du Premier ministre. En 2016, Ottawa comptait 934 000 habitants, ce qui en fait la quatrième ville la plus peuplée du Canada. Comme dans tout l'Ontario, voisin du Québec, on y parle majoritairement anglais mais on entend aussi beaucoup de français.

Le matin, on nous laisse devant le magnifique Parlement néogothique. Nous le contemplons de tous les côtés et nous nous baladons dans les rues alentours. J'adore la façon dont les Américains, dont l'histoire, et donc les constructions, sont récentes, se sont réappropriés toutes les vieilles traditions architecturales européennes. On trouve du néoroman, du néogothique, du néorenaissance, du néoclassique, etc. Et ça, sur les maisons ou sur les immeubles. Il n'y a que les buildings très récents qui affichent des lignes modernes voire futuristes. Cet éclectisme me fascine. Mais à Ottawa, pas de gratte-ciel (pour le moment) ; la ville en a décidé ainsi. Ce qui lui donne un certain cachet, c'est vrai.

Après déjeuner, on nous emmène voir la maison du Gouverneur. A vrai dire on ne voit pas grand-chose mais là-bas, il y a de jolies vues sur le Saint-Laurent. Et puis nous devons assister à la relève de la garde. Or, GRANDE NOUVELLE, il se trouve que William et Kate d'Angleterre sont là en visite officielle. Devant l'entrée, des tas de fans piétinent dans l'espoir de voir sortir leur voiture. Mon âme de midinette aussi... Mais, après une demi-heure d'attente, interrompue par la fameuse relève, il faudra remonter dans le car sans avoir vu Kate !

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Parlement d'Ottawa

L'après-midi, nous avons temps libre et Serge nous explique les diverses possibilités de visites qu'il suggère. Nous choisissons d'aller visiter le Musée Canadien des Civilisations. Un musée d'histoire formidable, très complet (les Amérindiens, les colons, l'indépendance), avec reconstitution de vieilles maisons, et de splendides totems, authentiques eux ! Je ne savais pas, mais ce sont carrément des arbres : les Amérindiens coupaient des troncs, qu'ils sculptaient et peignaient ; ils font 10 à 20 m de haut ! Impressionnant ! 

Le lendemain, départ pour une croisière sur le Saint-Laurent, au milieu des Mille Iles. C'est un archipel sur la frontière entre les États-Unis et le Canada, comprenant 1 865 îles ; certaines ont plus de 100 km2 de superficie alors que d'autres sont minuscules et n'abritent que des oiseaux de mer. Beaucoup sont loties de cabanes ou de résidences d'été (parfois carrément de petits châteaux), accessibles en bateau ou par des ponts. Mais ne rêvez pas : construire y est désormais très contrôlé. Très très jolie balade, malgré un temps un petit peu maussade.

Nous partons ensuite passer l'après-midi à Toronto. Nous sommes dans le quartier des affaires où nous pouvons admirer de sublimes gratte-ciel modernes, tout en verre, parfois miroir. La magie des reflets dans ces parois est vraiment quelque chose à découvrir : le ciel, les nuages... On imagine que cet univers est oppressant, pas du tout, puisque le ciel s'y reflète ! J'aurais exactement la même impression à New York.  

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Nous entrons dans une galerie commerciale, la Allen Lambert Galleria... où je reconnais immédiatement la patte de mon architecte favori : Calatrava (renseignements pris auprès de Serge, oui, oui, c'est bien ça... je suis trop forte !). Une très haute voûte surplombe les magasins, faite d'enchevêtrements blancs qui laissent passer la lumière, une vraie cathédrale ! Amusant : une ancienne et vieille maison de pierre a été conservée au beau milieu de ce complexe très moderne et très commercial.

Le lendemain, direction les chutes du Niagara, côté canadien. Avec une halte le matin à Niagara-on-the lake, une adorable petite ville comme on voit dans les films : maisons de bois blanches avec porches ou vérandas, petites boutiques, des arbres partout, des fleurs partout. Absolument charmant.

J'avais peur d'être déçue par les chutes. A force de les voir à la télé... Et bien pas du tout, j'ai même été très très impressionnée. C'est vertigineux. Après un déjeuner en haut d'une tour à Niagara Falls ville (elle est coupée en deux, une partie canadienne, une partie américaine), nous nous préparons pour aller faire un tour de bateau en bas des chutes. On nous donne un anorak plastique bleu, du coup on a tous l'air d'une armée de Schtroumpfs. En face, côté américain, les imperméables sont oranges ! Le bateau nous fait faire une promenade géniale. Là où l'eau se précipite depuis le haut (50 m de dénivellation), c'est un véritable nuage qui se forme (d'où les protections bleues !), sans compter les remous qui provoquent nombre d'éclaboussements en tout genre ! Ca fait presque peur. L'eau a une telle force ! Et si le bateau sombrait ? Il est bien petit...

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Et ça fait un boucan du diable ! Au fait comment vont mes oreilles ? Pas très bien. Mais je m'y attendais. L'avion, les heures de car, les restaurants forcément très bruyants... Je porte mes bouchons quasiment partout et Florent est obligé d'expliquer pourquoi je ne réponds pas quand on me parle... Et malgré mes petites mousses, j'ai l'impression d'avoir une locomotive dans la tête. Mais c'est ça où je ne sors plus jamais de chez moi. Je me reposerai après ! L'expérience m'a appris qu'après les crises, des jours de silence ramènent un peu de paix dans ma tête et le sifflement redevient tolérable. Mais que c'est fatiguant !

Après le tour en bateau, nous avons du temps libre dans la ville. La ville ? Une horreur ! Une sorte de Las Vegas miniature, très moche, une accumulation d'attractions toutes plus bruyantes les unes que les autres justement. Nous rebroussons chemin très rapidement et repartons le long des chutes dans les sentiers aménagés pour profiter de la vue. Puis nous nous arrêtons prendre un café/thé où il me prend une lubie : nettoyer mes bouchons à l'eau savonneuse. Je ne l'ai jamais fait. Mais j'ai oublié d'en prendre des propres ce matin, ils sont restés dans la valise. Et là, à force d'être triturés depuis hier, ils ne sont plus très souples et ne remplissent pas la cavité. Je ne le savais pas, mais l'eau les détruit totalement : ils deviennent tout mous, tout mous, impossible de les insérer ! Me voilà bien. Et nous avons encore deux heures devant nous... (c'est trop d'ailleurs, il n'y a vraiment rien à voir à Niagara Falls). A tout hasard, nous essayons de trouver où a bien pu se garer notre car. Ca nous permet de nous éloigner de tout ce bruit, en nous rapprochant des zones résidentielles. Et le voilà ! Le chauffeur est même devant ! Quelle chance ! Je lui explique mon problème, il accepte d'ouvrir le coffre et d'attraper ma valise, où je peux prendre de beaux bouchons propres tout neufs. Ouf !

Soirée tranquille. Recommandations de Serge car demain nous passons la frontière Canada/Etats-Unis et ça ne rigole pas ! Lui qui est toujours si drôle a la mine complètement angoissée. "Surtout, surtout, vous répondez aux questions sans plaisanter. Les Français croient toujours amusant de se moquer, d'ironiser, surtout faites profil bas !" Il arrive à nous faire peur... Et on se présente, bien gentils, bien aimables, en rang d'oignons, droits dans nos baskets. Hélas je ne peux m'empêcher de ramener ma fraise devant mon agent et je m'exclame : "I am so happy, so happy, so happy, to be in the States ! You cannot imagine." Il me regarde et éclate de rire ! Il me demande où je vais, je lui raconte le programme. "Philadelphia ? Oh my daughter lives in Philadelphia !" et le voilà qui se met à bavarder tout en me triturant les doigts sur les écrans pour les empreintes et en tamponnant mes papiers. Puis avec un large sourire il me laisse partir en disant "Welcome ! And have a great time in America !". Terrifiants, les douaniers ? J'ai pas trouvé ! Serge est tout chose, vient aux nouvelles, voit si tout va bien. "T'aurais pas dû lui parler !" conclut-il quand même. Bon. En tout cas, je ne suis pas en prison, je suis aux States !!!

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Nous roulons maintenant sur les highways américaines et je suis encore plus excitée que je ne l'étais au Canada. C'est tellement un fantasme, pour moi, les Etats-Unis. Je me sens heureuse comme jamais. Oui, comme jamais. C'est vraiment pour moi un événement extrêmement important. Dans l'après-midi, nous arrivons à Harrisburg, capitale de l'Etat de Pennsylvanie. Gentille balade dans la ville et visite du Capitole. Les Capitoles sont toujours magnifiques aux USA ; on pourrait grosso modo les comparer à nos hôtels de région. Mais ils sont beaucoup plus chouettes, très souvent en style néoclassique, que ce soit pour l'extérieur, ou l'intérieur avec de riches décorations, des escaliers monumentaux... j'adore. Direction Lancaster pour le dîner et le logement.

Le jour suivant, nous allons rendre visite aux Amish, très très nombreux en Pennsylvanie. Cette communauté religieuse chrétienne, fondée en 1693 en Alsace par Jakob Amman (le mot amish est dérivé de son nom), persécutée en Europe, est venue s'installer en Pennsylvanie, connue pour sa grande tolérance. Ils vivent de façon simple et à l’écart de la société moderne, ils ont gardé les vêtements du XVIIe. La première règle amish est : « Tu ne te conformeras point à ce monde qui t’entoure ». Ils n'ont pas l'électricité et pas de voiture (d'où les petites carrioles tirées par les chevaux)... mais font quelques concessions au monde moderne pour le téléphone : il y a souvent un poste fixe, en dehors de la maison ! Ils sont souvent fermiers et vivent au milieu des champs de maïs.

Nous visitons une maison amish, aménagée en musée. On nous explique en détail leur façon de vivre. Les covoyageurs autour de moi sont outrés : "C'est dingue ! Comment peut-on vivre comme ça ? Et les femmes, toujours au foyer, à s'occuper de la maison et des gosses..." Moi je suis une vieille réac. Je balance "M'ouais... hum... et si c'était eux qui avaient raison ?" Tout le monde me regarde comme si j'étais une extraterrestre. Pas grave, j'ai l'habitude. Désolée, c'est pas l'histoire "femme à la maison, mari au travail" qui me fait fantasmer mais surtout cette façon de vivre sans futilité, sans surconsommation, dans le respect total de la nature... moi ça me parle.

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Capitole de Harrisburg 

Nous allons ensuite dans un grand magasin, tenu par des Amish, où ils vendent des produits de la ferme et des articles d'artisanat (dont de superbes couvertures en patchwork...). Impression de voyeurisme. Je n'ose pas les prendre en photos, comme font les autres. D'ailleurs les jeunes vendeuses sont très réservées, voire froides. Ils font ça pour gagner un peu de sous, mais ils doivent nous trouver complètement "égarés". Ils parlent toujours entre eux un dialecte issu de l'allemand. Les enfants, eux, que l'on croise fréquemment sur les routes, sont joyeux et nous disent bonjour gaiement. Pendant que nos "collègues" vont et viennent dans le magasin, nous nous asseyons sur un banc, avec des bretzels... absolument délicieux, les meilleurs que nous ayons jamais mangés !

D'après les Américains, les Amish sont très bien intégrés, et ce sont de bons voisins. Car contrairement à ce que l'on croit, ils ne vivent pas regroupés, leurs fermes sont disséminées parmi celles des autres. Les gens du coin râlent un peu après les carrioles sur la route, qu'on ne peut pas toujours doubler, mais ils ajoutent en riant que "Ca fait une bonne excuse pour arriver en retard au bureau !

Certains de nos covoyageurs réclament un supermarché pour faire du shopping (un supermarché pour faire du shopping, mon Dieu... enfin, pourquoi pas, chacun son truc ; faut croire qu'ils n'ont rien trouvé de bien dans le magasin amish). Petit arrêt donc. Et c'est rigolo. Il y a un emplacement réservé pour garer les carrioles et des femmes amish poussent leurs caddies sans que personne ne se retourne sur elles. J'aime les Amish et j'aurai l'occasion d'en reparler.

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Il fait très chaud (30/32°) et l'air est humide, usant. A l'hôtel, nos ados veulent se précipiter à la piscine, mais elle est fermée, comme souvent, car il est plus de 17h00. Drôle d'habitude. 

Au supermarché (ben oui, on est allé faire un tour pour "voir" comment les gens vivent), j'ai craqué pour un petit sac pas cher. En effet, j'avais pris pour le voyage un cabas en cuir, qui se révèle très lourd. D'ailleurs depuis que je l'ai acheté (très cher), il y a quelques mois, je le porte très peu à cause de sa taille et de son poids, je me demande bien ce qui m'a pris le jour où je l'ai convoité. Je ne me vois pas, surtout avec ce temps chaud, continuer à trimballer ce sac ! Et puis j'en ai marre. Autant faire plaisir à quelqu'un. Je l'ai laissé dans la chambre d'hôtel avec un mot : "This is a leather bag. Too heavy for me ! If you like it, adopt it or offer it to a friend." J'aime à m'imaginer qu'une femme de ménage, là-bas, à Lancaster, se promène désormais avec mon beau sac ! Et moi j'ai passé le reste du voyage avec mon petit simili, en bandoulière, bien plus pratique et plus léger... et que j'ai toujours.

Et en route pour de nouvelles aventures. Pas mal de route aujourd'hui, car nous partons pour Washington. Je me gave de muffins aux myrtilles au petit déjeuner... ce sont les meilleurs... depuis j'essaie - en vain - toutes sortes de recettes, à la recherche de celle qui m'apportera le moelleux du muffin américain. Et hop dans le car.

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Bien que nous soyons en Pennsylvanie, nous n'allons pas à Philadelphie tout de suite, nous la visiterons plus tard, en remontant, après Washington. Washington, la capitale de l'Union ! On sait que la ville a été dessinée par un Français et que (comme Ottawa), les gratte-ciel sont bannis. Le centre de la ville est surtout néoclassique. C'est une belle ville avec de nombreux jardins. Et de beaux monuments, bien sûr.

Curieusement, mais pourquoi pas, Serge nous emmène voir Union Station, la gare centrale. Il faut dire qu'en Amérique, contrairement à la France, les gares sont très belles, avec des magasins, des restaurants, et décorées comme des musées ! Celle de Washington est immense t c'est vrai que ça vaut le coup d'aller la voir, en fait. Amusant : des petits cireurs de chaussures ! Cliché ? Oui, sauf que là, les messieurs qui se font cirer leurs chaussures tout en lisant leur journal sont des noirs en costume cravate et les cireurs des petits blancs. Youpi.

On ne les présente plus : le Capitole, majestueux, la Maison blanche (et le petit potager de Michelle Obama, alors première dame), le Memorial Lincoln où la statue du grand homme est impressionante ; on se sait tout petit. Nous voyons également celui de la Seconde Guerre mondiale, dans le parc National Mall : une immense fontaine (Rainbow pool) est encadrée par deux rangées semi-circulaires de colonnes commémoratives, chacune décorée d'une couronne métallique, chacune représentant un État ou territoire du pays. Ces rangées, séparément, sont aussi la représentation des théâtres de guerre atlantique et pacifique. Sur les murs de l'accès, des panneaux sculptés décrivent des scènes de guerre mur porte 4000 étoiles, hommage aux combattants qui furent tués. Et tout autour, disséminés sur la pelouse, des statues de soldats. Nous avons un guide spécial qui nous raconte la guerre, la guerre, la guerre... ça m'intéresse moyen. Il fait très chaud et je traîne la patte avec les ados, pas trop passionnés non plus...

Pour finir un petit tour obligé au cimetière d'Arlington pour saluer John Kennedy.

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Le Capitole

Washington sera notre destination la plus au sud. Maintenant nous remontons. Vers New York ! Je suis de plus en plus énervée... Il n'y a pas que moi d'ailleurs.  

Escale à Annapolis, petite ville du Maryland, toute mignonne, avec des maisons de briques, beaucoup de verdure, beaucoup de drapeaux américains (quasiment toutes les maisons en ont), un petit port de plaisance. Et une école pour futurs officiers de marine. On peut pénétrer sur le campus et son vaste parc et je deviens hystérique en voyant les beaux jeunes hommes en uniformes blancs ! Ca me rappelle un de mes films romantiques préférés : Officier et gentleman, avec Richard Gere. Je me dis que c'est peut-être là que le film a été tourné ! J'accoste des étudiants et je leur pose la question. Ca les fait beaucoup rire (j'adore faire rire les gens) mais ils répondent que non, le film n'a pas été tourné là mais dans une autre école navale. 

Et puis voilà Philadelphie, et ses célèbres tours bleues, One and Two Liberty Place, son magnifique hôtel de ville, et puis Liberty Bell ! Avec une queue pas possible pour pouvoir l'admirer. Emotion. Nous avons ensuite plein de temps libre pour nous balader où nous voulons, cool. Philadelphie, surnommée Philly, est la cinquième ville du pays. Centre historique, culturel et artistique majeur, c'est également un grand port industriel sur le fleuve Delaware. Fondée en 1682, elle est au XVIIIe siècle la ville la plus peuplée des treize colonies avant de devenir pour un temps la capitale des États-Unis et d'alimenter pendant quelques décennies la rivalité financière et politique entre New York et Philadelphie, avant d'être éclipsée par sa rivale puis de perdre son statut de capitale au profit de Washington. Le nom de la ville, choisi par William Penn (qui donna son nom à l'Etat de Pennsylvanie), signifie « amitié fraternelle », car elle était (et reste) un îlot de tolérance religieuse.

Près du Museum of Art, une statue de Rocky, oui, oui, le héros des films, incarné par Sylvester Stallone. Car c'est là que se déroulait l'action et sur ces marches que le boxeur s'entraînait en les montant en courant. Ce qu'essaieront de faire nos hommes... 

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Philadelphie, hôtel de ville

Le soir tout le monde est si fourbu que nous nous retrouvons tous à notre point de rendez-vous, un restau italien, bien avant l'heure indiquée par Serge ! Nous nous asseyons par terre, sur le trottoir, pour nous raconter nos balades respectives. Ma tête est comme un réacteur d'avion... Il faut pourtant que je m'accroche, on n'a pas encore fait New York ! Et on prend la route demain matin. Zen, restons zen.

En entrant dans la banlieue de la ville tentaculaire, on commence à apercevoir la skyline. Agitation monstre dans le car. Tout le monde est debout pour faire la photo du siècle. Nous traversons un pont au nord et nous voici dans Manhattan. Nous descendons le boulevard qui longe l'Hudson jusque vers le Sud de l'île. Je n'en crois pas mes yeux : je suis à New York ! A New York ! Et en plus il fait un temps radieux ! C'est la fin de la matinée, le car nous emmène à Brooklyn pour faire des photos de la pointe de l'île et ses innombrables gratte-ciel. J'adore. Puis il nous ramène côté Manhattan et nous dépose au pied du pont (de Brooklyn) pour un temps libre : certains ont réservé un vol en hélicoptère au-dessus de la ville. Genre 300 € par personne les 20 minutes... Même pas en rêve, les gars... Nous, nous en profitons pour voir le port, puis nous grimpons sur l'un des piers pour aller voir les petites boutiques. Trop bien. Nous sommes à New York !

Après un rapide déjeuner dans un diner, poulet frites, on nous emmène poser nos bagages dans notre hôtel, près de Times Square, idéalement situé donc ! Puis après-midi libre. Nous avons choisi de redescendre dans le quartier financier, voir Wall Street, Ground Zero et la nouvelle tour, alors encore en construction. Nous prenons le métro ! Génial. Je suis fière comme bar-tabac (disait Coluche) de me débrouiller comme une grande dans New York. Je dis JE car mon homme ne parle pas anglais et me laisse tout faire... ce qui m'arrange, j'adore ça ! Malheureusement un orage a éclaté. Nous avons fait notre circuit sous une pluie battante et avec mes tongs, j'avais bien du mal à marcher ! Le petit mémorial était fermé, nous n'avons pas pu le voir. Bref, un peu raté. Mais nous nous sommes quand même bien baladé dans toute la partie Sud. 

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Wall Street, New York

Après le dîner (libre) nous partons à pied vers Times Square où, comme tous les touristes, nous ouvrons des yeux écarquillés sur les affiches lumineuses ! C'est absolument dingue ! Il y a un monde fou, comme en plein jour. On entend régulièrement des sirènes de police ou de pompier... on se croirait dans un film ! On entre dans le gigantesque magasin M&M's où l'on vend les célèbres petits bonbons chocolatées en vrac, classés par couleurs dans d'énormes bocaux qui vont du sol au plafond, et plein de figures et gadgets à l'effigie des personnages. Le lendemain matin, je n'arrive pas à me lever. Je suis exténuée et mes acouphènes sont plus forts que jamais. Je voudrais rester toute la journée au lit... Mon mari me murmure "Oui... mais on va voir la statue de la liberté, ce matin." L'énergie revient ! Et la pluie a totalement disparu au profit d'un soleil éblouissant.

Nous allons à Battery Park pour prendre le bateau qui nous emmène à Liberty Island. Elle est spectaculaire, la statue ! Et c'est vraiment un moment fort, d'être là, à ses pieds, pour faire des photos. Et la vue sur Manhattan est extraordinaire. Où que l'on regarde, c'est grandiose ! Ayant un peu de temps, nous en profitons pour appeler les parents de Florent pour un petit coucou. C'est tout de même géant de répondre à l'habituel "Alors ? Vous êtes où ?" par "Ben, là, on est au pied de la statue de la Liberté."

Rappelons qu'elle fut construite en France et offerte par le peuple français, en signe d'amitié entre les deux nations, pour célébrer le centenaire de la Déclaration d'indépendance américaine. La statue est dévoilée au grand jour le 28 octobre 1886 en présence du président des États-Unis, Grover Cleveland. Le projet avait été confié, en 1871, au sculpteur français Auguste Bartholdi. Pour la partie technique sont intervenus l'architecte Eugène Viollet-le-Duc puis l'ingénieur Gustave Eiffel. La statue de la Liberté est devenue l'un des symboles des États-Unis et représente de manière plus générale la liberté et l'émancipation vis-à-vis de l'oppression. Elle fut longtemps la première vision des États-Unis pour des millions d'immigrants, après une longue traversée de l'océan Atlantique. 

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Après les attentats du 11 septembre 2001, l'accès a été interdit pour des raisons de sécurité ; il a été rétabli le 4 juillet 2013. L'accès du public au balcon entourant la torche est toujours interdit, et ce depuis 1916.

Nous reprenons le bateau pour Ellis Island, juste à côté, qui a été, dans la première partie du XXe siècle, l'entrée principale des immigrants qui arrivaient aux États-Unis. Les services d'immigration y ont fonctionné du 1er janvier 1892 jusqu'au 12 novembre 1954. Elle abrite un musée, terriblement émouvant. On y trouve des passeports et papiers d'identité, égarés ou confisqués, de tous les pays du monde, et puis des lettres où les immigrants racontent à leur famille restée en Europe les dures conditions qu'ils trouvent... le rêve américain est parfois loin de ce qu'ils imaginaient. J'ai les larmes aux yeux en lisant certaines missives. Et puis des vieilles valises, des vêtements, des chaussures d'enfants...  

Retour à la réalité. Nous retournons à Manhattan pour aller déjeuner à Chinatown où le dépaysement est garanti. Tous les panneaux, toutes les publicités, toutes les boutiques... tout est 99,99 % chinois (ou asiatique).

L'après-midi. Visite de l'Empire State Building. Bien que nous soyons en circuit organisé, avec des billets réservés d'avance, il faut encore faire la queue... pendant une heure. En général, quand nous voyageons seuls, nous laissons tomber car nous avons horreur d'attendre en piétinant. Là, nous n'avons pas vraiment le choix et puis le jeu en vaut la chandelle. D'abord l'entrée de l'immeuble est splendide. L'Empire State Building est un gratte-ciel de style Art déco situé au 350 de la 5e Avenue, entre les 33e et 34e rues. La construction débute en 1929. Inauguré le 1er mai 1931, il mesure 381 mètres (443,2 m avec l’antenne) et compte 102 étages. Le bâtiment ouvre ses portes au moment où la Grande Dépression frappe les États-Unis. La moitié des bureaux restent vides, faute de locataires. Cela amènera les New-Yorkais à surnommer ironiquement le gratte-ciel Empty State Building (empty signifiant « vide »). Durant cette période de récession économique, l’immeuble coûte plus d’argent qu’il n’en rapporte, et l’Empire State Building ne devient pas rentable avant 1950. Au 86e étage, la vue est impressionnante... Nous avons des amis qui l'ont fait de nuit, c'est magique ! La prochaine fois ?

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Après cette visite, nous avons du temps libre jusqu'au dîner. Nous avons d'ores et déjà décidé de continuer la 5e Avenue jusqu'à Central Park, où nous irons faire un tour, puis nous gagnerons Columbus Circle et redescendrons vers notre hôtel par Broadway. Avec ce soleil, c'est une pure merveille !

J'en profite pour préciser qu'à aucun moment - alors que nous le craignions un peu - je ne me suis sentie oppressée à New York. Malgré la hauteur des gratte-ciel (mais ils sont surtout dans le sud, dans le quartier financier), on "respire" : les avenues sont très larges, l'espace ne manque pas, les trottoirs sont propres (il y a des poubelles partout, elles ne débordent pas, et pourtant les New Yorkais s'en servent systématiquement), pas de crottes de chiens (il y a beaucoup moins d'animaux que chez nous, déjà, et les gens ramassent les déjections de leur "progéniture"...), et des balayeurs veillent partout au moindre déchet. Incroyable.

Nous arrivons à hauteur de la cathédrale Saint-Patrick, qui me fait fantasmer depuis que je suis toute petite : "petit" édifice néogothique coincé parmi les hauts immeubles ! Et nous avons une chance extraordinaire : un mariage irlandais ! Nous nous attardons, c'est sympa, surtout quand les mariés traversent l'Avenue et s'installent en plein milieu pour se faire un bisou... Vous imaginez ça sur les Champs Elysées ? Ben à New York, toutes les voitures se sont gentiment arrêtées, pas un coup de klaxon, mais au contraire des sourires et des applaudissements ! Nous avons d'ailleurs remarqué que le trafic - contrairement à ce qu'on dit - n'était pas si intense. Les voitures particulières sont relativement rares, il y a surtout les fameux taxis jaunes et puis des bus. Et ce n'est donc pas aussi bruyant qu'on nous l'avait dit. Tant mieux ! Ca fait partie des raisons pour lesquelles j'ai vraiment adoré cette ville. Bien que démesurée, chaque quartier est comme une sorte de village assez tranquille...

Sur la 5e, il y a de tout : des magasins de luxe, beaucoup, mais aussi un tas de petites boutiques pour tous les budgets. On n'a pas le temps d'aller au Macy's. Ca aussi, ce sera pour une autre fois !

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Nous voici au Rockefeller Center, grand complexe d'immeubles où l'on installe la patinoire l'hiver, et le sapin de Noël géant. En été, il y a plein de bacs de fleurs et nous découvrons la grand boutique entière consacrée aux Légo ! Plus loin, le célébrissime hôtel Plaza et puis Central Park. Les calèches attendent les romantiques... j'adorerais, mais c'est hyper cher ; environ 50 € les 15 minutes. Et 15 minutes, c'est peanuts ! On a cassé la tirelire pour le voyage... les extras, faut faire gaffe, quand même.

Nous entrons dans le Park et c'est comme dans les films, on se croirait en pleine campagne dans certains endroits, moins fréquentés. En tout cas que l'on ait envie de balade bucolique, de manger une glace, de visiter le zoo, de faire du bateau... il y en a pour tous les goûts ici. Et nous n'avons malheureusement guère le temps de trop nous attarder, le temps passe.

Descente par Broadway et ses grandes affiches (théâtre, cinéma), puis nous retrouvons nos covoyageurs pour aller dîner près de Times Square. Je ne sais plus le nom du restaurant mais j'y ai mangé le meilleur cheesecake de ma vie. Depuis j'essaie toutes les recettes que je trouve (comme pour les muffins) mais je n'ai toujours pas déniché quelque chose qui y ressemble tout à fait. 

Demain, après le déjeuner, nous quitterons New York et j'ai déjà le coeur en bandoulière...

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Le lendemain matin, nous partons donc vers le nord de Manhattan et visitons la très belle cathédrale John the divine, qui n'aurait rien à envier aux nôtres, si ce n'est qu'elle fut construite de 1892 à 1899, dans un croisement de style néogothique et néoroman. Moi ça ne me dérange pas, mais les puristes n'aiment pas le fait qu'elle n'ait pas l'ancienneté très respectable des édifices européens... Elle n'est pas dénuée d'âme pour autant. A vrai dire, en 1899, elle était loin d'être achevée. Manque de fonds. Les derniers travaux remontent à 1997. Devant, une étonnante sculpture, la Fontaine de la Paix, évoque la lutte du Bien contre le Mal.

Puis nous passons dans le campus de l'université Columbia et allons rendre hommage au mémorial du Général Grant. 

Nous sommes bientôt à Harlem, quartier majoritairement noir, où nous devons assister à une messe gospel dont je me réjouis à l'avance depuis des mois. "L'église" est un immeuble comme les autres, c'est à l'intérieur que ça se passe. Etonnant. La grande salle comporte une galerie où s'assoient les visiteurs et les touristes. Nous prenons place mais hélas j'aperçois des hauts-parleurs énormes... j'aurais dû m'en douter. Nulle part au monde on imagine que nos oreilles sont suffisantes pour écouter de la musique ! Il faut toujours mettre le son à fond. Je commence par mettre mes bouchons... et puis c'est tellement tellement fort que je dois sortir, c'est insupportable. Florent me suit et nous allons carrément dans la rue, où je fonds en larmes. Je me faisais une telle joie de ce beau moment, je suis si déçue, j'en ai ras-le-bol de ces acouphènes ! Les passants s'arrêtent (on ne verrais pas ça à Paris...) : "Is everything OK ?", "May I help ?"... trop gentils, trop mignons, du coup je pleure encore plus ! J'explique aux gens, ils sont adorables, et je me calme. Nous rentrons dans l'église pour attendre nos compatriotes. Là une jeune femme voit mes yeux rouges et s'approche, avec la même sollicitude que les autres. Elle me prend carrément dans ses bras et me fait un câlin : "Everything will be fine... God bless you, God bless you...". Je n'oublierai JAMAIS ce moment. Finalement, j'attendais mon Gospel avec impatience, je ne l'ai pas vu ni entendu, mais j'ai vécu autre chose, de bien plus intense encore : la chaleur humaine, la vraie, authentique. C'est une des rares (sinon la seule) fois de ma vie où l'on m'a témoigné autant de compassion ! Quand je pense que les gens sont racistes... c'est à vomir. 

Nous partons ensuite pour la 125e rue, pour faire un peu de shopping. Nous y rencontrons le "Picasso de Harlem", Franco the Great, un peintre qui décore les rideaux de fer des boutiques et vend des toiles aux touristes. Il adore être pris en photo et il me serre dans ses bras, il a une force herculéenne (et il sent rudement bon !). Nous apercevons l'Apollo Theater, salle mythique où débutèrent de nombreuses gloires du jazz ou de la soul, et notamment un certain Michael Jackson et ses grands frères.

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Franco the Great

Et puis nous remontons dans le car et cette fois, c'est fini, nous quittons New York. J'ai les larmes aux yeux. Je n'ai évidemment pas fait ni vu le centième de ce que j'aurais voulu. Je fais promettre à Florent que nous reviendrons un jour, tous les deux, pour au moins une semaine. Et secrètement je me dis "Et si je gagne au loto, je m'installe définitivement à Manhattan."...

Je sèche mes larmes car un autre endroit prestigieux nous attend : Boston, une des plus anciennes villes du pays, symbole de la colonisation britannique. Et c'est vrai qu'en s'y promenant, surtout dans certains petits quartiers résidentiels, les rues pavées et les maisons de brique donnent l'impression d'être en Angleterre. Boston est charmante ! Ca vaudrait le coup de rester plus longtemps mais... (Florent me disait encore, pas plus tard qu'hier, qu'il adorerait faire quinze jours en Nouvelle-Angleterre... ciel, nous n'arriverons jamais à tout faire, et puis de toutes façons, nous n'aurons pas assez d'argent !).

Autre drame hyperacousique le soir. Nous dînons dans un Hard Rock Café où l'on doit frôler les 150 décibels ! C'est intenable. Malgré mes bouchons, je pars en courant avant le dessert (et pourtant, moi, le dessert... hum...). Je pars m'asseoir tranquillement sur un banc dans la rue. Florent me rejoint, un peu inquiet ; il avait peur que je me fasse enlever ! Mais par qui diable ? Je suis bien, là, sur mon banc, à observer les gens qui passent. D'autant qu'il faut profiter : demain, c'est carrément les Etats-Unis que nous quittons. Retour au Canada, en passant par Québec et Montréal, d'où repartira notre avion pour la France. C'est presque fini...

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Vieille rue de Boston

Nous repassons la frontière. Dans ce sens-là, c'est beaucoup moins stressant. Les Canadiens sont moins regardants.

Ce soir nous avons une soirée chez l'habitant. Tous nos "collègues" se réjouissent ; Florent et moi nous détestons... Nous sommes des sauvages, des solitaires, des timides, et nous préférons de loin l'anonymat des hôtels aux bavardages forcés avec des inconnus. Mais c'est comme ça, c'est prévu au programme. Nous avons rendez-vous dans la banlieue de Québec où nous gagnons l'agence qui organise ces "échanges". Pot de bienvenue... et danses locales, auxquelles nous sommes obligés de participer après un mini-cours pour les pas. Quelle horreur ! Mais je réussis à jouer le jeu... Ensuite on nous présente notre hôte, Liliane, qui nous emmène chez elle. M'ouais. Elle est bien gentille, Liliane, mais son petit chien qui mange à table avec nous, son mari qui, lui, nous boude et reste dîner tout seul dans son sous-sol... bof bof bof. D'autant que la conversation de Liliane n'est pas vraiment intéressante. Elle nous pose des questions uniquement sur Paris, Paris, Paris... Nous avions pourtant apporté des bonbons et du vin de notre région. Mais non : Paris, Paris, Paris... Le lendemain matin, nous refaisons notre valise avec plaisir.  

Direction Québec-ville. A part le vieux, mais très petit, centre historique (marrant, on se croirait en Bretagne, même impression que dans le vieux Montréal, tout en pierres et en fleurs, que nous nous plaisons à imaginer sous la neige (ça doit être ravissant), nous sommes assez déçus par le reste. Nous nous baladons sur les "planches" près du château Frontenac, qui est un hôtel, et non pas un palais. Sinon, rien de palpitant.

Matin suivant : visite d'une cabane à sucre, avec toutes les explications sur la récolte du sirop d'érable et la mise en bouteille. Nous fabriquons des sucettes : on fait couler du sirop sur de la glace et il se solidie. On mange des pancakes (miam) et on achète quelques souvenirs.

Et nous revoici à Montréal pour la soirée et toute la journée du lendemain, en temps libre. 

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Et Montréal... nous adorons. C'est un petit New York, avec des gratte-ciel et des quartiers-villages, en moins beau ; mais Montréal se mérite, au début on la trouve un peu moche, puis en la parcourant, vieille ville, nouvelle ville, on lui découvre un charme mystérieux. Comme à New York, ces juxtapositions d'ambiances différentes, de cultures, la place laissée à la verdure (parcs, squares, jardins...), en font des villes beaucoup plus agréables et paisibles que ce que l'on peut imaginer. 

Nous partons nous promener dans le parc automatique. Il y a une expo sur les insectes. Malheureusement, quand nous arrivons, elle est fermée pour des problèmes techniques. Mais le parc est très très beau. J'ai adoré le "jardin japonais". Retour vers le centre. La "ville intérieure" nous fascine, nous qui ne connaissons pas la neige. Tout est prévu, sur plusieurs étages en sous-sol, pour vivre bien au chaud dans les galeries sans mettre le nez dehors quand il fait très froid l'hiver. Des magasins, des restaurants, des stations de métro, des bibliothèques, des cinémas, tout, absolument tout...

Et puis voilà... c'est terminé. 

Et aujourd'hui encore, au minimum une à deux fois par semaine, nous évoquons nos souvenirs : "Tu te rappelles..." et à la télé, dès que nous voyons telle ou telle chose, on s'écrie en choeur : "Oh ! On a été là !"...

De vrais gosses...

 

 

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18 juin 2018

LE COSTUME

Quand j'étais petite, je voulais être costumière ou bien styliste de mode : hier et aujourd'hui ; le choix était difficile ! Mais vite réglé : mes parents n'ont jamais voulu que je fasse des études d'art.

J'ai passé des heures à inventer des costumes, les dessiner d'abord puis les confectionner pour mes poupées ; à reproduire des tenues d'époque, siècle après siècle. Cet amour se perpétue avec la télé et le cinéma, car je raffole des films historiques, à la fois pour les événements et... les vêtements ! 

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Dans cette rubrique, je remonterai le temps pour vous livrer la mode d'autrefois, les fantaisies des contes de fées ou de spectacles, et je présenterai peut-être quelquefois des tenues d'aujourd'hui particulièrement originales si l'envie me prend.

 

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17 juin 2018

C'EST QUOI LES PSEUDOSCIENCES ?

La pseudo-science est une connaissance ou une discipline qui est présentée sous des apparences scientifiques ou « faussement attribué[e] à la science » , mais qui n'en a pas la démarche, ni la reconnaissance. Elle se situe en opposition avec la science.

Le terme de « pseudo-science » est souvent utilisé pour dénoncer la tromperie autour de certaines connaissances, c'est-à-dire ceux qui les présentent utilisent, sciemment ou non, des termes et des démarches qui semblent scientifiques ou logiques dans le but de s'attribuer le crédit que la science possède. Ils utilisent parfois un langage et des axiomes scientifiques, mais ne respectent pas les critères de la méthode scientifique, tels les principes intangibles de réfutabilité, de non-contradiction et de reproductibilité.

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La pseudo-science se rapproche de la para-science dont le terme est perçu comme étant moins péjoratif, et exprimant l'idée de proximité ou de contiguïté avec la science. Les disciplines ou connaissances dites para-scientifiques sont, au mieux, trop peu étayées pour être considérées comme parties intégrantes de la science. Jusqu’à preuve du contraire (reconnaissance par les institutions scientifiques), les thèses se réclamant de la para-science sont donc à placer en pseudo-science.

Quelques exemples (que nous étudierons !) : astrologie, sophrologie, graphologie, homéopathie...

D'après Wikipédia

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16 juin 2018

VOYAGE EN ALLEMAGNE - JUILLET 2010

Ca faisait très longtemps que j'avais envie d'aller en Allemagne. Depuis que j'ai commencé à étudier cette langue magnifique, à partir de la 4e. Mais, célibataire, j'avais pas de sous ; quand nous avions les enfants, c'était trop loin, trop cher... et trop chiant pour les mômes, faut bien le dire... sans compter qu'ils ont fait espagnol à l'école. Alors une fois qu'ils ont été indépendants, nous avons commencé à réfléchir à la question. Pays européen, je parle (plus ou moins) la langue... pas de souci, on y va en voiture et on loue un gîte. Nous avons choisi la Bavière. Nous étions logés dans un lotissement très agréable car sans voiture, de maisonnettes hyper confortables et fonctionnelles.

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Inutile de vous dire qu'on n'a pas vu beaucoup de touristes... L'Allemagne n'attire pas grand-monde, quelle erreur ! Elle est magnifique et si riche culturellement et historiquement. Et les Allemands sont vachement gentils parce que des touristes qui s'intéressent à leur pays, ce n'est pas banal, alors ils adorent ! Par contre... il a plu pendant quinze jours (sauf une journée) ! Mais la Bavière est tellement belle que même sous la pluie ça valait vraiment le coup ! Maintenant on rêve d'y retourner. 

Environ 1000 km pour y aller ; nous avons donc fait escale à Nancy, où habite mon ex-meilleure amie. Qui devait nous recevoir mais ayant attrapé la grippe ne l'a pas fait. Nous avons donc une jolie balade en centre ville seuls puis dormi à l'hôtel.

Après avoir passé la frontière, nous nous arrêtons déjeuner à Karlsruhe. Première surprise : au restaurant, ils n'acceptent pas les cartes bleues. En bons Français, on ne s'est pas posé la question ; le jeune serveur nous explique qu'en Allemagne, rares sont les endroits où la carte est acceptée, y compris dans les supermarchés... Arrgghh... Bon, bah, on va chercher du liquide à un distributeur et on revient le payer. Et on prévoit large pour avoir des sous lorsqu'on fera les courses en arrivant !

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Karlsruhe

Notre petit port d'attache était un village, Lechbruch-am-See. Assez mignon. Mais plus sympa, à quelques kilomètres, la très jolie petite ville de Füssen avec son château gothique, ancienne résidence d'été des princes-évêques d'Augsbourg depuis la fin du XVe siècle, qui abrite aujourd'hui des collections d'œuvres d'art de Bavière des périodes gothique et Renaissance, et le complexe baroque (1697-1726) de l'ancien monastère bénédictin de Saint-Magne fondé au VIIIe siècle. Le jour de notre arrivée, il fait beau... mais la météo à la télé n'annonce que de la flotte pour toute la semaine. Nous n'avons qu'un misérable parapluie pliant, je n'ai même pas emporté de K-way... pour moi l'Allemagne, c'était "climat continental", donc chaud l'été !   

Nous partons visiter Oberammergau sous des tombes d'eau... Du coup, là-bas, je commence par faire les boutiques pour me trouver une parka. Violette, deutsche Qualität, je l'ai toujours !  Une caractéristique du village, et de toute la Bavière d'ailleurs, est le « Lüftlmalerei », c'est-à-dire des façades peintes. Cette pratique est née au XVIIIe siècle, citoyens et agriculteurs aisés ont fait décorer leurs façades avec des motifs religieux. On trouve aujourd'hui de tout, des scènes pastorales, des fleurs... Elles sont soigneusement entretenues, c'est extrêmement typique et très joli.

Une autre "spécialité" : le spectacle de la Passion, qui a lieu tous les ans. Et qui remonte à loin. En 1633, la peste ravage la ville. Les édiles font alors le serment d'effectuer tous les dix ans un « Jeu de la souffrance, la mort et la résurrection de Notre Seigneur Jésus-Christ », si le « Tout-Puissant » détourne le mal de la cité. L'appel entendu, à la Pentecôte 1634, ils remplissent leur engagement pour la première fois, jouant la Passion du Christ sur une scène qu'ils installent dans le cimetière au-dessus des tombes des victimes de la peste, car l'église du village est trop exigüe pour accueillir l'ensemble des personnes présentes.

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Au XVIIIe siècle, le cimetière devenant trop petit, la scène est alors transférée dans un champ situé à proximité. Vers 1830, une construction permanente est édifiée sur le site du théâtre actuel qui, lui-même, le remplace en 1890. Ce bâtiment est agrandi et modernisé une première fois au début dans les années 1930, puis une seconde fois dans les années 1990. De nos jours, le théâtre de la Passion peut accueillir plus de 4 700 spectateurs. Depuis les années 1960, le texte et la musique ont été fondamentalement revus, de même que la scénographie et les costumes car ils étaient profondément imprégnés de l’antijudaïsme originel chrétien... De plus, durant le troisième Reich, leurs organisateurs s'étaient rendus coupables de compromissions avec le parti nazi. Plus de 2000 habitants de la ville, acteurs, chanteurs, instrumentistes et techniciens de scène participent au « Jeu de la Passion » six heures durant...

Nous mangeons dans un ravissant petit restaurant traditionnel (avec façade peinte), mais il y a énormément de monde car, justement, le Jeu de la Passion, c'est pour ce soir (mais nous n'irons pas, ce n'était pas prévu). On nous installe sans nous demander notre avis à une table où mange déjà un couple. C'est assez courant en Allemagne, l'ambiance est plutôt conviviale. Nous les sauvages, les timides, ne sommes pas très heureux, mais nous sommes toujours d'accord pour nous adapter aux moeurs locales. Et puis le couple, nous entendant parler en français, se montre aussitôt très intéressé et nous pose plein de questions. Ils ont une fille qui a vécu à Paris. Le monsieur a perdu un bras... était-ce pendant la guerre ?  

Notre prochaine balade nous mène au château de Linderhof, construit de 1874 à 1878 pour Louis II de Bavière. Linderhof était autrefois une simple ferme familiale, utilisée par le roi Maximilien II, père de Louis, pour ses jours de chasse. Louis s'y rend souvent, plus pour l'isolement que pour la chasse, qu'il déteste. À partir de 1872, après maintes démolitions, reconstructions et rénovations, le château de Linderhof apparaît peu à peu sous son état actuel, dans un style baroque. Louis II avait une passion pour Louis XIV et sa chambre à coucher est copiée sur celle du roi de France à Versailles : une balustrade sépare le lit à baldaquin de l'auditoire censé assister au lever du roi.

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Les jardins sont magnifiques, avec bassins, cascades et jardins en terrasses. Le parc s'étend sur plusieurs hectares. La pluie cesse de temps à autre et nous pouvons prendre quelques photos. Ma parka violette rend très bien dans cette ambiance verte et grise ! Plusieurs abris ou pavillons de détente parsèment le parc, comme la Grotte de Vénus, entièrement artificielle, aménagée pour recréer l'ambiance de l'épisode du Venusberg de l'opéra wagnérien Tannhäuser. Le roi aimait aller sur sa « barque », rêvant à des mondes imaginaires, tout en écoutant de la musique de Richard Wagner, jouée par un orchestre dissimulé derrière des rochers. Impressionnant. Il y a aussi le Pavillon mauresque aux décorations intérieures somptueuses ou encore la Hundigshütte (hutte de chasse), elle aussi issue d'un opéra de Wagner, que le roi vénérait, La Walkyrie. L'intérieur se veut rustique, avec peaux d'ours, branches d'arbres...  

Nous avons évidemment prévu la visite de Neuschwanstein, le célèbre château de conte de fées de Louis II. Mais il attire tellement de monde, qu'il faut réserver plusieurs jours à l'avance, non seulement la visite, mais aussi le parking. Ce sera donc pour plus tard. Nous allons, en remplacement, voir Hohenschwangau, château de son père, juste à côté. Maximilien II de Bavière (alors encore Kronprinz Maximilien) l'acquiert en 1832. C'est une ruine qu'il fait restaurer dans le style néogothique. Le château sert de résidence d'été à la famille royale de Bavière. Louis II y passe une partie de son enfance. C'est de sa chambre qu'il rêve à son futur palais, qu'il envisage de faire construire sur le rocher d'en face ; c'est de là aussi qu'il suivra la construction. Visite très intéressante, très bien documentée par le guide. Et il pleut toujours...

L'Eglise de Wies est incontournable pour qui visite la Bavière. C'est une des plus belles églises rococo (fin du XVIIIe siècle) du monde. Elle est toute seule, au milieu d'une grande prairie, d'où son nom (Wies = pré en allemand), presque insolite. Nous en rencontrerons pourtant beaucoup d'autres, moins importantes, mais tout aussi jolies tout au long de nos vacances. L'intérieur est une pure merveille.

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Oberstdorf est une autre petite station charmante, et la commune la plus méridionale de l'Allemagne. Elle se situe à 843 mètres d'altitude. On dit qu'elle est la plus grande zone piétonne du monde : 10 % de son territoire sont interdits à la circulation automobile et 75 % sont des sites naturels protégés. Avec l'implantation de la plus grande centrale solaire de Bavière et un réseau de bus électriques, la commune joue la carte de l'innovation écologiste. C'est une station de ski et nous tentons une balade en téléphérique, sauf que le coût est totalement exorbitant. Tant pis, on s'en passera. A la place, nous allons voir un joli lac dont on peut faire le tour à pied. Mais il pleut, il pleut, et nous abandonnons.

Incroyable... le lendemain, grand soleil ! Ce sera la seule belle journée de notre quinzaine. Et ça tombe, car nous avions décidé d'aller voir le lac de Constance et la petite ville de Lindau. Nous avons même pu faire une balade en bateau sur le lac. Absolument magnifique ! La vieille ville de Lindau, avec ses maisons médiévales, renaissance, baroques, est adorable. Elle se trouve en fait sur une île. Mais aujourd'hui la commune s'étend très largement sur les terres bordant le lac.

Le lendemain, i'r'pleut, comme on dit chez nous... Promenade à Kempten, encore une très jolie ville avec des maisons et des monuments historiques. Nous apprenons plein de choses, et nous adorons ça.

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Kempten

Et en route pour Munich où nous passons une journée entière, c'est un minimum. Il pleut, bien sûr, mais nous avons droit à quelques éclaircies qui nous permettrons de faire l'essentiel de nos balades sans être mouillé. Il y a une foule de choses à voir et nous devons faire des choix. Nous nous concentrons sur l'extrême centre.

Le nom de la ville provient - le saviez-vous - du viel allemand Munichen (« par les moines »), en raison de la présence d'un monastère bénédictin à son emplacement actuel. Munich est la ville de résidence des ducs de Bavière en 1255 et celle de l'empereur romain germanique Louis IV. Ville catholique - statut particulier dans l'Allemagne protestante -, elle est l'un des foyers de la Contre-Réforme. Devenue capitale de l'électorat de Bavière (1623) puis du royaume de Bavière (1805), elle devient un des principaux centres culturels, artistiques et scientifiques allemands au XIXe siècle, sous l'impulsion du roi Louis II.

Deuxième destination touristique d'Allemagne après Berlin, Munich est célèbre pour sa traditionnelle fête de la bière, l'Oktoberfest, qui se déroule chaque année de fin septembre à début octobre (donc nous n'y participerons pas...). Outre la cathédrale, la ville a également un important patrimoine historique, composé notamment du château de Nymphenbourg, l'incroyable hôtel de ville néogothique et de très nombreux musées richement dotés, ainsi que vastes jardins, dont le Hofgarten et le Englischer Garten. Elle est réputée être l'une des villes les plus agréables à vivre au monde, et je veux bien le croire car nous nous y sommes sentis très bien. Les Munichois sont souriants et affables.

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Munich

Et voici le grand jour : Neuschwanstein ! Le temps se maintient, entre pluie et courtes éclaircies. Nous montons sous la pluie, mais nous descendrons avec un rayon de soleil perçant les nuages. 

Le château est une véritable curiosité qui a dit-on inspiré Disney pour ses parcs d'attraction et le fameux château de la Belle au Bois dormant. Contrairement à ce que beaucoup croient, il n'est médiéval, loin de là. Il a été construit à la fin du XIXe siècle, par Louis II de Bavière, en grande partie dans un style néoroman. Des éléments néo-gothiques et néo-byzantins sont également présents. À ce titre, le château est un exemple d'architecture éclectique de l'époque romantique. Les salles d'habitation du roi et les salles d'apparat des troisième et quatrième étages étaient plus ou moins achevées en 1886, date de la mort du roi. Le gouvernement de la Bavière décide alors de ne pas poursuivre le chantier. Les chambres du deuxième étage sont toujours en briques nues et ne sont pas visitables. Le château comporte environ 200 pièces d'une superficie totale de 6 000 m2. Quinze sont aménagées.

La visite se déroule hélas au pas de course ! Il y a tellement de monde que les guides sont priés de mener leurs groupes en 30 minutes maximum à travers tout le château. On ne peut pas s'arrêter pour observer... le groupe est déjà reparti ! Rageant ! Il y a tant de choses à voir ! J'ai été hyper frustrée. D'autant que la foule est si dense qu'on a l'impression (comme à Versailles) de ne voir que les plafonds, du moins ceux qui comme moi ne font pas 1,80 m et voient des dos et des poitrines pour tout horizon... Une immense déception. J'aimerais le visiter un jour... mais toute seule !

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Le lendemain, nous partons voir l'abbaye d'Ottobeuren, une splendeur rococo, qui rappelle bien évidemment l'église de Wies mais en bien plus grand. Ces églises baroques allemandes m'ont beaucoup marquée, qu'il s'agisse de l'extérieur avec leurs petits bulbes qu'on repère dans la campagne, et de l'intérieur, extravagant. 

La dernière balade est pour Memmingen, sous une pluie battante... La vieille ville, entourée de remparts en grande partie préservés, conserve l'apparence caractéristique d'une cité marchande du Moyen Âge. En longeant le ruisseau canalisé au centre de la ville, on découvre de vieilles bâtisses comme la maison aux sept toits, autrefois maison de tanneur. La Marktplatz est encadrée d'édifices très intéressants : la Steuerhaus de 1495 et l'hôtel de ville de 1589. Dommage qu'il pleuve... encore et encore.

Pour terminer, il me faut parler du dirdl, cette robe typique de la Bavière (et quelques régions limitrophes en Autriche, Suisse et Nord de l'Italie. Le dirndl est composé d'un chemisier blanc (avec dentelles et/ou broderies), d'un corselet lacé, d'une jupe ample et d'un tablier. Il est porté très souvent les jours de fête (notamment la fête de la bière en Bavière), mais aussi, c'est loin d'être rare, le samedi soir ou le dimanche matin pour aller à la messe. Les hommes eux portent la célèbre culotte de peau. On en voit également beaucoup sur les serveuses et serveurs dans les bars et restaurants. La tradition reste très vivace et, d'ailleurs, nous avons vu plein de magasins qui en vendent, tous plus beaux les uns que les autres. 

Par ailleurs, sachez qu'on mange très bien en Allemagne ! Y a de la saucisse, c'est vrai (mais qu'est-ce qu'elle est bonne), de la bière, et beaucoup de gâteaux ! Et Florent a pris une fois une soupe dont il ne s'est toujours pas remis tellement elle était délicieuse. Une soupe de légumes dont il est incapable de me dire les ingrédients, pour que je lui refasse, mais dont il me parle sans cesse !  

Malgré tout cela, l'avant-dernier jour, alors qu'une fois de plus nous entendions la pluie dégringoler, à verse, pendant que nous prenions notre petit déjeuner, on s'est regardé : Qu'est-ce qu'on fait ? On s'en va ? Faire encore une balade sous la pluie, juste parce que c'est le dernier jour et qu'il faut "profiter". Bof, autant rentrer chez nous ; on en avait quand même un peu marre des parkas, des parapluies, des chaussures trempées...

Alors on est parti... et de l'autre côté de la frontière, grand soleil !

Il n'empêche qu'on ne regrette pas du tout et qu'on adorerait y retourner ! On n'a pas eu de chance pour le temps, c'est vrai, mais il faut aussi se souvenir que la Bavière est au pied des Alpes et qu'en montagne, la météo est toujours un peu risquée, même en plein été.

  

 

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15 juin 2018

LES AMERINDIENS

Quand j'étais enfant, on regardait beaucoup de westerns à la télévision. Il n'y avait guère de choix, encore moins regardable par les enfants à part La Piste aux étoiles... Cela dit, ça restait un peu violent... et moi j'étais toujours du côté des Indiens. Je trouvais leurs vêtements, leur mode de vie, fantastiques et leur légitimité sur le sol américain inattaquable ; je ne supportais pas ces blancs qui venaient leur piquer leurs terres et leurs bêtes ! Depuis je continue de me passionner pour eux, leurs traditions, leur culture, leur renouveau.

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Un pow-wow

Le terme Amérindien dérive d'Indien d'Amérique. Le mot a été formé à la suite de l'erreur de l’explorateur Christophe Colomb qui, en 1492, pensait avoir atteint les rivages de l'Inde alors qu’il débarquait en Amérique. C'est dans ce contexte que les Européens ont nommé ce territoire les Indes occidentales, pour les différencier de celles dites orientales. À cause de cette confusion, on continue d’utiliser le mot « Indiens » pour parler des populations du Nouveau Monde. Avec les travaux du cartographe Martin Waldseemüller au début du XVIe siècle, on a commencé à parler de « continent américain », en mémoire du navigateur italien Amerigo Vespucci ; ses habitants sont alors désignés sous le nom d'« Indiens d’Amérique » pour les distinguer des populations de l’Inde sans modifier complètement l'usage de les désigner comme des Indiens.

L'expression « Peaux Rouges » est ancienne et n'est plus utilisée. Le géographe grec Pausanias le Périégète aurait décrit une terre située au-delà de l'océan Atlantique, qu'il nomme terre d'outre-océan, peuplée par des « hommes à peau rouge, à chevelure noire et raide comme le crin d'un cheval ».

En l’absence d’appellation qui fasse consensus, on utilise, selon les pays, les expressions de « peuples autochtones » ou « aborigènes », ou « Premières Nations » ou « Premiers peuples ». Toutefois, ces termes politiquement corrects sont souvent rejetés par les intéressés qui préfèrent être appelés en fonction des noms originels de leurs peuples.

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Amérique du Sud

On parle aussi de « peuples précolombiens » pour les territoires américains de l'Empire colonial espagnol, qui incluent la Mésoamérique et la cordillère des Andes.

Au Mexique, on préfère dire « indígena » (« indigène ») qu’« indio » (« indien »), qui prête à confusion avec les citoyens de l'Inde et qui est ressenti comme une insulte.

Mes recherches pour ce blog concerneront les trois Amériques : Nord, Centre, Sud.

 

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14 juin 2018

MA PASSION POUR LA RUSSIE

Elle ne date pas d'hier elle non plus. Elle date de l'URSS... Si l'on ne tient pas compte du vague imaginaire que je m'étais forgé enfant à la lecture de contes, à la vision de films, aux explications que me donnaient mes parents et l'école : ce pays plein de neige avec des princesses aux diadèmes étincelants, de jeunes paysannes aux couronnes de fleurs, de balades en traîneau, de balalaïkas, de plaines immenses ponctuées de bouleaux, de palais fantasmagoriques et de toits-bulbes dorés...

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Film Le Docteur Jivago

A l'adolescence, rebelle, et assidue au cours de philo, j'ai été absolument fascinée par les cours sur le communisme. Je trouvais ça formidable ! La clé pour une vie en harmonie, où chacun recevait son dû, où l'on partageait tout. Je ne réalisais pas bien qu'il s'agissait d'une utopie ; depuis j'en ai appris long sur la nature humaine et je ne vois hélas pas comment cela pourrait fonctionner, tant les gens sont égoïstes, individualistes, et incapables de comprendre l'essence du communisme. Mais à cette époque, je me suis mise à apprendre le russe et j'avais même trouvé à Nantes un buraliste qui recevait la Pravda ainsi qu'un magazine prosoviétique, France-Russie. Je les achetais régulièrement, les lisais avec enthousiasme... au grand désespoir de mes parents.

Pour en savoir encore plus et pour être plus proches de l'âme russe, j'ai écrit à l'ambassade pour qu'ils collent une petite annonce dans une université russe (il n'y avait pas d'internet ni de réseaux sociaux à l'époque !) : je cherchais un(e) correspondant(e) comme on disait alors. 

Quelques semaines plus tard, j'ai reçu une lettre de Sacha, qui est aujourd'hui encore, une très chère amie (depuis 40 ans !) avec laquelle j'ai partagé la chute du régime soviétique, le chaos, puis la renaissance, et aujourd'hui les années Poutine. Nous discutons sans fin sur nos sociétés et nos régimes politiques réciproques. Elle regrette toujours l'URSS, où l'école, les médicaments étaient gratuits, où chacun trouvait du travail... alors qu'aujourd'hui il y a désormais les pauvres qui n'ont rien, et les riches qui ont tout. Des inégalités que Poutine s'efforce de juguler, après le capitalisme à tout va des années 90. Poutine n'a pas que des qualités, mais il n'a pas non plus que des défauts.

Voilà ma Russie, l'empire, la clairvoyante mais néanmoins coquine Catherine la Grande, le pauvre Nicolas II au destin tragique, la révolution, l'Union soviétique et la Russie d'aujourd'hui qui se cherche toujours. Et finira bientôt par se trouver...

 

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13 juin 2018

MA BRETAGNE

C'est ma terre natale, celle de mon père et d'autres membres de la famille. Je ne pourrais m'en passer, principalement à cause de l'océan, qui me ressource, me vivifie ; je suis en totale osmose avec la mer, j'y puise mes forces, j'aurais aimé être une mouette... libre au-dessus des vagues et des îles.

Ma Bretagne c'est aussi les solides manoirs de granit, les petits ports de pêche, les galettes et le kouign amann, les fées et les forêts, la lande, la bruyère et les fougères, le crachin qui fait fleurir à profusion les hortensias et les rhododendrons, le vent qui fouette le visage, les rochers qu'on escalade, le bruit de l'eau, l'odeur, la musique, la celtitude...

Et je ne pleurerai à jamais cette stupide décision administrative qui arracha un jour Nantes de cette terre historique pour qu'elle devienne soudain la capitale d'une région nouvellement créée, sans aucune racine, totalement fictive : les Pays de Loire... 

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12 juin 2018

POURQUOI NEW YORK ?

New York est un fantasme, un délire, une passion, une obsession. Je voudrais y vivre. Mais je ne pourrai vraisemblablement jamais le faire…

Ce n’est pas d’aujourd’hui. Dès l’enfance, j’aimais les Etats-Unis. Mes parents avaient vécu la Seconde Guerre mondiale, ils avaient 8 ans et en gardaient des souvenirs très vivaces. Ils ont vécu l’arrivée des Américains comme une bénédiction : ces gentils soldats qui venaient les sauver des Allemands (ils avaient eu si peur quelquefois), leur donnaient des chewing-gums et du chocolat. Ensuite la culture américaine a déferlé sur la France (et l’Europe) ; les chanteurs prenaient même des noms américains pour être à la mode du jour (Eddy Mitchell, Johnny, Dick Rivers…) et dans ma génération nombreux sont ceux qui ont reçu un prénom américain ! J’ai baigné dans cette atmosphère de reconnaissance et d’admiration. J’adorais les westerns, les stars américaines, Doris Day, Jerry Lewis, Audrey Hepburn, Marilyn… Et puis on m’a offert un jour un View Master, ces lecteurs de diapo en 3D (et oui, déjà !) et quelques collections de disques à visionner… dont un sur New York. Je suis tombée amoureuse ce jour-là. Définitivement ! Et j’ai toujours rêvé d’y aller.

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Qu’est-ce qui m’attirait ? La modernité, l’effervescence, les gratte-ciel, les taxis jaunes, Central Park, les petites maisons de Brooklyn…

J’ai eu l’immense bonheur en 2011 de réaliser mon rêve. Heureusement, mon mari a les mêmes que moi, ça aide ! Nous venions de passer dix années difficiles, avec la maladie puis le décès de mes deux parents. J’avais reçu un peu d’argent en héritage, mais je voulais le garder « pour la retraite », vu que ma pension sera très modeste étant donné que j’ai arrêté de travailler en 2006. Et puis soudain un soir, Florent me dit : « Flûte… Et si on partait aux Etats-Unis ? Depuis le temps qu’on en rêve ! Il faut en profiter maintenant, on ne sait pas ce que l’avenir nous réserve. » Je l’ai regardé, abasourdie… dépenser autant d’argent ? Mais j’ai immédiatement approuvé, il avait raison ! Cinq jours au Canada, sept jours aux Etats-Unis. Dont New York ! Tout le voyage fut FABULEUX et nous en reparlons avec ravissement au moins deux ou trois fois par semaine ! Et pour moi, l’émotion suprême fut notre arrivée à New York ! Allais-je être déçue ?

PAS DU TOUT, mais alors PAS DU TOUT ! Au contraire, ma passion n’a fait que s’accentuer. J’avais l’impression d’être chez moi ! Tout me semblait familier, j’étais bien, c’est comme si j’avais toujours été là. Quand il a fallu repartir (nous y restions seulement deux jours et demi), j’avais les larmes aux yeux. J’aurais voulu rester là à tout jamais. Et maintenant je n’ai plus qu’un désir : y retourner… et je rêve de gagner au loto pour pouvoir m’installer à Manhattan. Personne ne me comprend, personne ne me croit : « Tu dis ça… mais ce n’est pas possible : la famille, les amis… » Ben… puisqu’aurais gagné au loto, je leur paierais des billets d’avion, voilà tout.

Dans cette rubrique, je mettrai tous mes rêves new-yorkais, je copierai des articles de magazines, ou de Wikipédia. Histoire de tout connaître de MA VILLE, y compris les bons plans. Comme ça… le jour où j’y vais, j’aurai un carnet d’adresses bien garni et une connaissance de la ville qui épatera mes amis new-yorkais ! On peut toujours rêver... Il faut rêver !

 

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11 juin 2018

LES BLACK BLOCS

On en entend de plus en plus parler ; ce sont ces fameux "casseurs", cagoulés de noirs, qui viennent dans les manifestations, non pas pour soutenir les gens mais pour "casser" du flic, des vitrines ou du mobilier urbain. Qui sont-ils ? Pourquoi font-ils ça ? J'ai voulu en savoir plus.  

Black Bloc est un terme désignant des structures, parfois éphémères, utilisant des formes d'action directe collectives éventuellement violentes, se mêlant souvent à des manifestations "classiques" (syndicales) pour les faire dégénérer.

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Leur idéologie fait l'objet d'une opposition entre les courants de pensée non-violents, qui soutiennent que la force et l'action violente sont moralement inacceptables et que la violence engendre la violence, ou qu'elles sont vouées à l'échec, voire contre-productives ; et ceux qui pensent au contraire qu'elles sont le seul moyen de réellement donner une portée à leur action.

Sans organigramme, ni figures centralisées, le black bloc est constitué d'individus et de groupes d'individus organisés ou non, sans appartenance formelle ni hiérarchie, tout de noir vêtus et masqués pour l'anonymat. Il est formé principalement d'activistes issus des mouvances libertaires et anarchistes.

Les actions du black bloc ciblent généralement les symboles de l'État (police, tribunaux, bâtiments administratifs) et du capitalisme (banques, agence d'intérim, entreprises multinationales, publicité, restauration rapide). Afin de justifier leurs interventions parfois violentes face à la mondialisation libérale, les militants anarchistes soutiennent que le capitalisme est infiniment plus destructeur qu'aucune de leurs actions directes.

Le terme provient de la Stasi, police politique de l’ex-République démocratique allemande, qui surnommait ainsi les groupes d'anarchistes ou d'autonomes, cagoulés et vêtus de noir (schwarzer Block). Le port de vêtements noirs et d’une cagoule noire, ou de toute autre chose permettant la dissimulation du visage, expliquent l’origine du mot.

Plusieurs nouvelles appellations sont apparues par la suite : le « Radical Anti-Capitalist Blocs » (RACB) composé d'un millier de personnes a émergé lors du rassemblement contre le FMI et la Banque mondiale à Washington les 16 et 17 avril 2000 ou encore le « cortège de tête » des manifestations contre la Loi Travail en 2016 en France, nommé ainsi car il a pris place en première ligne des manifestations, position traditionnelle des grandes centrales syndicales.

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Histoire

Il est courant de faire remonter les origines du mouvement au début des années 1980 à Berlin-Ouest. Face aux incursions policières, des actions directes collectives sont menées afin de défendre, en masse, des squats et des « lieux autogérés » menacés d’expulsion. Les black blocs se sont ensuite multipliés en marge des mouvances anticapitalistes, internationalistes, antifasciste radicale et antiautoritaires.

Dans les années 1990, les militants du mouvement nord-américain Anti-Racist Action (ARA) qui privilégient la confrontation directe contre les néo-nazis et les suprémacistes « Blancs » reprennent la tactique black bloc ; on les revoit en 1991 à l'occasion d'une manifestation contre la guerre du Golfe où des participants effectuent des actions directes en marge des cortèges conventionnels. Notamment contre des locaux de la Banque mondiale.

Le 30 novembre 1999, lors du congrès de l’OMC à Seattle, un black bloc d’environ 200 militants s'attaque aux locaux de sociétés multinationales se trouvant sur le parcours de la manifestation, et bloque les rues avec du mobilier urbain pour en faire des « zones autonomes temporaires », attirant l'attention des médias.

Après les manifestations liées aux différents sommets du G8 en Europe au début des années 2000, les tribunaux européens poursuivent des personnes accusées d'être « membres de black blocs » pour « vandalisme », « association de malfaiteurs » et « association de malfaiteurs en vue d'une entreprise terroriste ». À l'issue du sommet de Gênes, en juillet 2001, 25 militants de la troupe de théâtre itinérante internationale, PublixTheatre Caravan, sont emprisonnés durant plusieurs semaines.

Depuis le début des années 2000, la tactique du black bloc est utilisée par certains anarchistes lors de nombreuses manifestations pacifiques. L’anarchisme compte en effet beaucoup de partisans non-violents. Leur seule présence en manifestation exprime déjà une critique radicale.

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Mode de fonctionnement

Certains black blocs ne comptent que quelques dizaines de personnes, d'autres des milliers. Les black blocs comportant de nombreux militants libertaires et égalitaires, parfois féministes, se constituent d'un nombre important de femmes, mais son principe même étant l’anonymisation des militants, il est difficile d'identifier réellement la proportion d'hommes et de femmes à l’intérieur des cortèges.

Selon l'analyste Jacques Baud : « Contrairement à une opinion largement répandue — et aux affirmations de certains services de renseignements — le black bloc n’est ni une structure, ni une organisation, ni un réseau, ni une idéologie. Elle représente une fonctionnalité au sein d’une manifestation, associée à une stratégie d’action de nature asymétrique. »

Les black blocs se forment généralement au point de rendez-vous des manifestations loin du regard des policiers, derrière des bannières ou cachés dans la foule, ou pendant les manifestations quand une intervention policière ou une action directe se prépare. Les activistes s'habillent et se masquent de noir, souvent au dernier moment pour ne pas être repérés, pour symboliser l'unité, leur solidarité, l'égalité des hommes et femmes et créer un effet de masse, mais aussi pour se protéger des caméras de vidéo-surveillance et pour éviter d’être identifiés par les forces policières. Ils portent souvent des blousons de cuir et des protections de fortune adaptées à la guérilla urbaine (équipement sportif, lunettes de ski ou de plongée, bannière renforcée).

Certains black blocs pratiquent la destruction de biens matériels : attaques de banques, bâtiments gouvernementaux, sociétés multinationales, caméras de vidéo-surveillance, publicité et tout ce qui à leurs yeux représente le capitalisme et l'État. Cette volonté de ne pas frapper n’importe quelle cible est une constante de la violence autonome de rue. Ces actions sélectives ne visent pas à s'attaquer aux personnes, aux petits commerces, aux habitations et aux biens collectifs indispensables mais aux biens des représentants du capitalisme et l'État.

D'autre se donnent pour mission de protéger physiquement les manifestations. Ils opèrent alors différemment en concentrant tous leurs efforts sur les force policières, faisant reculer leurs lignes pour regagner du terrain perdu, forçant les lignes policières lors d'encerclement, libérant les personnes arrêtées, apportant un appui physique aux manifestants interpelés ou attaqués par les policiers et défendant physiquement les militants pratiquant la désobéissance civile contre les interventions policières. Les activistes n'hésitent pas à affronter violemment les Forces de l'Ordre qu'ils considèrent comme le bras armé du capitalisme et de l'État.

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Bien que critiqués par une partie des militants altermondialistes ou pacifistes, la plupart des membres du black bloc affirment refuser de mettre en danger le reste des manifestants. 

Actions notables

En décembre 1980, les autorités de la ville de Berlin-Ouest décident de mettre un terme aux occupations d'universités et aux squats. C'est dans ce contexte que des activistes ont eu recours pour la première fois à la tactique du black bloc. L'invention du terme (schwarzer Block) est du reste attribuée à la police allemande. Des « autonomes » vêtus et masqués de noir descendent dans la rue affronter les Forces de l'Ordre venues les expulser.

Un black bloc de 1 500 « autonomes » se forme à Hambourg, en 1986, pour défendre le squat Hafenstraße.

Apparition de black blocs à l'occasion de la présence du président américain Ronald Reagan à Berlin-Ouest, en juin 1987.

En septembre 1988, à Berlin-Ouest, un black bloc affronte les forces de l'ordre au cours d'une manifestation contre la réunion de la Banque mondiale et du FMI.

En 1991 à l'occasion d'une manifestation anti-guerre du Golfe à Washington, le premier black bloc américain s'attaque aux locaux de la Banque mondiale.

En 1992, à San Francisco, un black bloc se forme contre les célébrations du 500e anniversaire de la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb. Le bloc manifestant contre ce qu'ils considèrent comme des génocides perpétrés sur les Premières Nations.

Congrès de l’OMC à Seattle en novembre 1999. Un black bloc d’environ 200 activistes s'attaque à des vitrines de banques et de commerces, et pille des magasins, causant 7 millions de dollars de dommages. Des slogans sont tagués sur les murs et du mobilier urbain est brûlé ou détruit. Une zone autonome temporaire fortifiée par des barricades est constituée pendant quelques heures. Cette journée est plus connue sous le nom de « bataille de Seattle ».

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Les 16 et 17 avril 2000, à Washington, se tient une réunion du FMI et de la Banque mondiale. Un black bloc composé d'environ 1 000 personnes y est présent, optant cependant pour une tactique résolument différente de celle mise en pratique à Seattle. Le black bloc concentre tous ses efforts sur la police, faisant reculer leurs lignes à plusieurs reprises, forçant les barrages policiers, relâchant des personnes arrêtées, entraînant la police au-delà de son propre périmètre et défendant les militants pratiquant la désobéissance civile contre les interventions policières, leur permettant ainsi d’aller plus loin.

En 2000, divers black blocs se constituent en marge des conventions républicaine (1er juin 2000 à Philadelphie) et démocrate. Les incidents sont de faible gravité.

Les 25 et 26 septembre 2000, un black bloc a lieu à Prague à l'occasion de la réunion du FMI. Quelque 3 000 personnes se heurtent à la police tchèque. Les affrontements sont très violents ainsi que la répression.

En juin 2001, un black bloc se forme à Göteborg contre le sommet de l'Union européenne. Toute une rue de la ville est dévastée. La police ouvre le feu sur la foule et blesse grièvement un des manifestants.

Émeutes anti-G8 de Gênes de 2001. Le matin du 21 juillet 2001, un black bloc de 2 500 personnes s'attaquent à des banques, des agences immobilières, des concessionnaires automobiles, des agences de voyages, des panneaux publicitaires ainsi qu'à la prison de Marassi où les Forces de l'Ordre ne parviennent pas à faire face à l'assaut. En réaction, l'après-midi, les forces de police déchaînent alors des attaques très violentes contre les manifestants absolument pacifiques des divers lieux de protestation autorisée. Des camions de police sont lancés à grande vitesse contre la foule. Carlo Giuliani, un jeune activiste altermondialiste, est abattu d'une balle dans la tête par un policier.

G8 à Évian, les 1er, 2 et 3 juin 2003. Manifestations à Genève et Lausanne. De nombreux commerces ferment de crainte d'incidents comparables à ceux de Gênes. Sur le parcours de la manifestation Genève-Annemasse, une station d'essence est détruite par des participants d'un black bloc qui sont alors fortement critiqués par des pacifistes, mais aussi par d'autres membres du black bloc qui considèrent que certains types de destruction sont contre-productifs et discréditent le mouvement.

G8 à Heiligendamm (Allemagne), début juin 2007. Un black bloc d'environ 5 000 personnes se forme lors d'une grande manifestation contre le G8 et donne lieu à des affrontements violents avec la police. Plusieurs centaines de blessés des deux côtés.

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Sommet de l'OTAN à Strasbourg (3 et 4 avril 2009) : un black bloc d'environ 2 000 personnes se réunit au cours de la manifestation anti-OTAN face à 9 000 policiers. La douane, l'Office du tourisme, un distributeur de billets, une pharmacie (par propagation du feu) et l'hôtel Ibis sont incendiés (une controverse a lieu au sujet de ce dernier incendie, des militants assurant que les manifestants se sont bien attaqués aux vitres et au mobilier mais que le feu a été déclenché par la police, via des tirs de grenades lacrymogènes depuis un hélicoptère). Des vitrines d'usines et 27 abris bus sont détruits, ainsi que des panneaux publicitaires, des caméras de vidéo-surveillance et un radar automatique. Une barricade est dressée à l'aide de wagons. 1 500 personnes ont été blessées.

Poitiers (10 octobre 2009) : un black bloc d'environ 250 personnes se réunit par surprise pendant une manifestation de protestation contre le transfert des 118 détenus de la maison d'arrêt de Poitiers au nouveau centre pénitentiaire de Vivonne. Une vingtaine de vitrines, des horodateurs ainsi que des cabines téléphoniques, des abris bus et des bollards sont détruits ou arrachés. Un slogan (Omnia sunt communia, extrait de Vatican II) est également peint sur le Baptistère Saint-Jean. Ce mouvement était attendu de façon pacifiste et avec une faible ampleur ; la police, alors préparée pour 50 manifestants, s'est très vite retrouvée débordée.

Genève (28 novembre 2009) : un black bloc d'environ 200 personnes se réunit lors d'une manifestation anti-OMC (Organisation mondiale du commerce). Les manifestants détruisent à coups de pierres, de masses et de marteaux les vitrines de commerces de luxe, d'agences bancaires ainsi que celles d'un hôtel cossu du centre ville de Genève. Ils s'en seraient également pris aux voitures les plus luxueuses, en en brûlant quatre par la même occasion. Quatorze personnes sont interpellées pour « émeute », ainsi que quatre autres pour « vol et émeute » ayant été retrouvées en possession de marchandises volées dans les vitrines.

Copenhague (12 décembre 2009) : un black bloc d'environ 300 personnes se réunit lors d'une manifestation contre la conférence internationale sur le climat. Des vitrines sont brisées à l'aide de marteaux et de briques, un policier est blessé et quatre voitures ont été incendiées. Les black blocs retournent parmi les manifestants pacifiques pour éviter les arrestations et en émergent ponctuellement pour briser une vitrine. La police arrête plus de 400 manifestants.

Toronto (26 juin 2010) : un black bloc se réunit lors d'une manifestation contre le G20 organisée à Toronto. Quatre voitures de police ont été incendiées, d'autres véhicules ont été dégradés et de nombreuses vitrines de magasins appartenant à des chaînes multinationales ont été fracassées.

Rome (15 octobre 2011) : un black bloc de quelques centaines de personnes se réunit lors de la manifestation du Mouvement des Indignés. Des vitrines de banques et de magasins sont détruites.

Montréal (1er mai 2012) : un black bloc de 1 000 à 2 000 personnes se forme lors de la manifestation anticapitaliste autonome du 1er mai et s'attaque à une banque, des commerces et à la police.

Égypte (24 janvier 2013) : création d'un mouvement black bloc égyptien fortement médiatisée à l’échelle locale et internationale. Leur cible principale est le gouvernement du président Mohamed Morsi et la confrérie des Frères musulmans dont il est issu. Les membres du mouvement apparaissent brandissant des drapeaux anarchistes avec un message défilant sur la vidéo dont voici un extrait : « Nous sommes le groupe Black Bloc, partie d’un tout dans le monde. Nous militons depuis des années pour la libération de l’Être humain, la démolition de la corruption et le renversement du tyran. »

Brésil (octobre 2013) : des black bloc s'affrontent avec la police lors du mouvement protestataire qui demande de meilleurs services publics et proteste contre la corruption et le coût de la Coupe du monde de football de 2014. Ils bénéficient d'une bonne dose de sympathie de la part de la classe moyenne, lasse de politiques sourds à leurs revendications. Les actions se poursuivent jusqu'à la Coupe du monde de football de 2014.

Nantes (22 février 2014) : en marge de la manifestation contre le projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), un black bloc de 1 000 personnes commet des dégradations et affronte violemment les forces de l'ordre.

Francfort (18 mars 2015) : les black blocs ont permis de protéger les manifestants pacifiques durant les actions d'occupation du rassemblement contre l’inauguration de la Banque centrale européenne. Ils se sont ensuite manifestés en détruisant des vitrines de banques, bloquant des routes et brûlés sept voitures de police.

Rennes (mai 2016): quelques centaines d'activistes anticapitalistes en mode black blocs défilent dans les rues de Rennes pour dénoncer le « régime capitaliste ultralibéral » et les violences policières. Ces heurts surviennent à l'origine de manifestations prévues contre la Loi Travail. Les black blocs saisissent l'occasion pour montrer leur opposition à l’État et au capitalisme. La ville de Rennes subit d'importantes dégradations, banques, distributeurs automatiques de billets, commissariat de police et caméras de surveillance sont détruites.

Paris (mai 2017) : en marge de manifestations du 1er mai à Paris, six policiers sont blessés, dont deux grièvement, dans ce qui est rapporté comme des actions de black blocs. 

Hambourg (juillet 2017) : un black bloc estimé entre 7 000 et 8 000 personnes se réunit lors d'une manifestation contre le G20. Différents groupes de toute l'Europe (Scandinavie, Suisse, Italie) se sont rejoints dans la ville.

Paris (mai 2018) : le 1er mai à Paris, un black bloc d'environ 1 200 personnes prend la tête d'un cortège autonome de 14 500 manifestants en marge et devant la manifestation syndicale. Selon la préfecture de police de Paris, « trente et un commerces ont été dégradés dont deux incendiés [un McDonald's et un garage Renault ], six véhicules ont été incendiés et dix autres dégradés ».

D'après Wikipédia

 

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