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21 juillet 2018

FLASH INFO - LA SUEDE FACE AUX CANICULES

Article de Letemps.ch - Juillet 2018

Le Royaume fait face à la pire vague de chaleur jamais enregistrée. Et s’adapte avec difficulté au changement climatique

Depuis plusieurs jours, les mêmes images tournent en boucle sur les chaînes de télévision suédoises. D’immenses panaches de fumée s’élèvent au-dessus des forêts de pins et de bouleaux, des centaines de personnes forcées de quitter leur maison, les rotations incessantes de canadairs et d’hélicoptères venus de toute l’Europe… Une cinquantaine de foyers d’incendie sont actifs, du sud du pays jusqu’en Laponie, et 7800 hectares seraient déjà partis en fumée, contre moins de 500 habituellement à cette époque de l’année.

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Ces incendies, les plus importants de l’histoire suédoise, ne sont pas les seules conséquences de la sécheresse qui frappe le pays. Le bétail n’a plus de fourrage et des éleveurs en sont réduits à abattre les troupeaux qu’ils ne peuvent plus nourrir. Les barrages hydroélectriques se vident, entraînant déjà une hausse du coût de l’électricité. Seuls les citadins, qui en Suède ne vivent jamais à plus de quelques kilomètres d’un plan d’eau, semblent profiter de la canicule. A Stockholm, bâtie entre le lac Mälaren et la mer Baltique, les plages ne désemplissent pas.

Une situation exceptionnelle provoquée par une météo qui l’est tout autant. Cette semaine, le pic des températures à Stockholm a oscillé entre 30°C et 32°C. Dimanche dernier, il était même de 33,5°C. Le plus remarquable, cependant, est que des températures similaires ont aussi été enregistrées dans certaines localités au-delà du 66e parallèle , près du cercle polaire. « Nous avons un anticyclone sur la Scandinavie qui nous amène ces très hautes températures, explique Malva Lindborg, de l’Institut suédois de météorologie et d’hydrologie (SMHI). On dépasse les 30°C dans tout le pays, même en Laponie… C’est dix degrés au-dessus des valeurs normales. Cela arrive parfois en Suède, mais rarement sur une période aussi longue

Car si juillet est chaud, le mois de mai était déjà exceptionnel, avec une moyenne des températures à Stockholm dépassant 16°C – les valeurs normales sont en cette saison de 10,5°C – et des records historiques battus. Pour le climatologue Gustav Strandberg, qui a compilé les plus anciens relevés de température du Royaume depuis 1756, « la probabilité de connaître une telle chaleur dès le mois de mai est de trois… sur un million ! » « Nous avons eu une pause en juin, mais la chaleur était de retour en juillet, avec des précipitations très faibles, alors que l’hiver et le printemps étaient déjà secs, ajoute Malva Lindborg. Nous faisons face à une véritable sécheresse

La barre des 30°C ayant été dépassée pendant cinq jours d’affilée, le SMHI a émis depuis dimanche une alerte de niveau II à Stockholm et dans les régions centrales du pays. Avant 2011, cette alerte n’existait même pas. Dans certaines communes, il est donc interdit d’arroser sa pelouse ou de remplir sa piscine. Dans les forêts, où les risques d’incendie sont maximaux, les barbecues sont prohibés. A la télévision et à la radio, des consignes de prudence que l’on pensait réservées à l’Espagne ou au sud de la France sont répétées : les personnes âgées doivent rester à l’ombre, les enfants doivent s’hydrater.

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La Suède n’est certes pas le seul pays touché par cette vague de chaleur qui depuis juillet enflamme tout l’hémisphère nord. Des records de températures ont été battus en Amérique du Nord, en Grande-Bretagne et au Moyen Orient, avec des conséquences dramatiques comme des dizaines de morts au Canada et des incendies incontrôlables en Sibérie. Mais en Suède, comme dans le reste de la Scandinavie, ce changement climatique implique aussi un changement radical de culture, et de comportement.

En déplacement auprès des pompiers, le premier ministre Stefan Löfven a lui-même avoué que « le pays est vulnérable » et qu’il fallait « être mieux préparé aux phénomènes extrêmes ». Les agriculteurs, qui selon leur syndicat vivent « la pire crise depuis plus de cinquante ans », vont aussi devoir changer leur façon de travailler. « Les Suédois pensent que l’eau est omniprésente, qu’elle est un dû, et ils sont mal préparés pour ces sécheresses de plus en plus fréquentes, souligne Anna Jonsson, hydrologue au SMHI. Pour cultiver du fourrage ou des céréales, une activité courante en Suède, il est très coûteux de mettre en place une agriculture irriguée. Mais il va maintenant falloir construire des retenues d’eau, comme dans les pays au climat plus sec

L’urgence, en Suède, est donc aujourd’hui de contenir les incendies, mais aussi de venir en aide aux agriculteurs. Des municipalités ont lancé des appels aux particuliers pour qu’ils ouvrent leurs jardins aux troupeaux. Des golfs ont même mis à disposition des monceaux d’herbe coupée, qui d’habitude partent dans les usines de biogaz. Le gouvernement suédois a demandé une aide d’urgence à l’ Union européenne, mais il a aussi décidé d’agir sur le long terme. « Nous ne pouvons plus importer la moitié de la nourriture que nous consommons, il nous faut un réseau de fermes qui travaille pour le pays », a expliqué la ministre écologiste Isabella Lövin. L’ambition des autorités, notamment en adaptant les cultures au réchauffement climatique, est de faire passer dans les années à venir cette autosuffisance alimentaire de 50 %… à 80 %.

 

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RELIGION - INTRODUCTION

Une religion se conçoit le plus souvent comme un système de pratiques et de croyances en usage dans un groupe ou une communauté, mais il n'y a pas de définition qui soit reconnue comme valable pour tout ce qu'il est permis aujourd'hui d'appeler religion.

Le terme latin religio a été défini pour la première fois par Cicéron comme « le fait de s'occuper d'une nature supérieure que l'on appelle divine et de lui rendre un culte ». Dans les langues où le terme est issu du latin, la religion est souvent envisagée comme ce qui concerne la relation entre l'humanité et Dieu. Dans le Coran, le terme dîn, qui peut être considéré comme équivalent de celui de religion, désigne avant tout les prescriptions de Dieu pour une communauté. En chinois, le terme zōng jiào, inventé au début du XXe siècle pour traduire celui de religion, est connoté de l'idée d'un enseignement pour une communauté. Le bouddhisme est souvent considéré comme religion bien qu'il n'y soit question ni de Dieu, ni de nature divine. Dans son Petit traité de la vraie religion, Guy Ménard propose de définir la religion comme la gestion du sacré.

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La religion peut être comprise comme les manières de rechercher — et éventuellement de trouver — des réponses aux questions les plus profondes de l’humanité. En ce sens elle se rapporte à la philosophie. Mais elle peut aussi être vue comme ce qu’il y a de plus contraire à la raison et jugée synonyme de superstition. Elle peut être personnelle ou communautaire, privée ou publique, liée à la politique ou vouloir s’en affranchir. Elle peut aussi se reconnaître dans la définition et la pratique d’un culte, d’un enseignement, d’exercices spirituels et de comportements en société. La question de savoir ce qu'est la religion est aussi une question philosophique, la philosophie pouvant y apporter des éléments de réponse, mais aussi contester les évidences des définitions qui en sont proposées.

Historiquement, les religions conçues comme des ordres dans lesquels est recommandé ce qu'il faut faire et ce qu'il faut croire, sont apparues avec les partis religieux s'opposant les uns aux autres dans l'Europe du XVIe siècle. Ces partis sont en premier lieu ceux catholique et protestant, ainsi que la diversité des confessions protestantes. L'usage de désigner ces partis comme « des religions » apparaît à la fin du XVIe siècle, tandis que, par extension, il commence aussi à être question de « religions » à propos de l'islam, du bouddhisme, du taoïsme, de l'hindouisme et toutes les religions du monde depuis les origines de l'humanité. La transformation de l'expérience religieuse des Européens a été reprise à l'époque des Lumières dans un questionnement présupposant une essence de la religion en amont de toutes les religions historiques. Dès lors a commencé à se poser la question toujours irrésolue de savoir ce qu'est la religion ou une religion en fonction des innombrables religions du monde.

Selon Pierre Gisel, la question de savoir ce qu’est une religion est une question ouverte : faut-il se contenter de penser que les religions ont toujours une forme institutionnelle avec un clergé, des pasteurs, des imams, des moines ou des gourous, ou considérer aussi comme de la religion les pratiques de développement personnel touchant des domaines allant du sport à la philosophie, ainsi que ce que les libraires regroupent sous le terme générique d'ésotérisme ?

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Chaque religion peut avoir sa propre appréciation de ce qu’il convient d’appeler religion. Elle est l’objet des recherches universitaires en sciences humaines. Des disciplines telles que l'histoire, la sociologie, l'anthropologie ou la psychologie, étudient ce qu'on nomme le fait religieux sans pour autant s'appuyer sur une définition qui correspondrait de manière homogène à tout ce qui est ainsi étudié.

D'après Wikipédia

 

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20 juillet 2018

LES GRANDES IDEOLOGIES

La première mention du terme idéologie remonte à 1801, lors de la publication des Éléments d'idéologie par Antoine Destutt de Tracy. Toutefois, le sens que Tracy appliquait à ce néologisme n'avait rien de politique : il s'agissait d'une science des idées et des sensations : « je veux dans cet écrit, non pas vous enseigner, mais vous faire remarquer tout ce qui se passe en vous quand vous pensez, parlez, et raisonnez ». Elle ne recouvre en fait son sens actuel qu'à partir de l'Idéologie Allemande de Karl Marx, écrit en 1846, mais publié beaucoup plus tard. Il y a trois grandes idéologies de base pour "gérer" la société.

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Libéralisme
 
Le libéralisme est un courant de pensée de philosophie politique, né d'une opposition à l'absolutisme et au droit divin dans l’Europe des Lumières (XVIIIe siècle), qui affirme la primauté des principes de liberté et de responsabilité individuelle sur le pouvoir du souverain. Il repose sur l’idée que chaque être humain possède des droits fondamentaux qu'aucun pouvoir ne peut violer. En conséquence, les libéraux veulent limiter les obligations sociales imposées par le pouvoir et plus généralement le système social au profit du libre choix de chaque individu.

Le libéralisme repose sur un précepte moral qui s'oppose à l'assujettissement de l'individu, d'où découlent une philosophie et une organisation de la vie en société permettant à chaque individu de jouir d'un maximum de liberté, notamment en matière économique. Pour la plupart des libéraux, la dichotomie entre « libéralisme économique » et « libéralisme politique » n'existe donc pas, puisqu'il s'agit de l'application d’une même doctrine dans des domaines différents.

Au sens large, le libéralisme prône une société fondée sur la liberté d'expression des individus dans le respect du droit du pluralisme et du libre échange des idées. Elle doit joindre d'une part dans le domaine économique, l'initiative privée, la libre concurrence et son corollaire l'économie de marché, d'autre part, des pouvoirs politique et économique bien encadrés par la loi et les contre-pouvoirs. Elle valorise donc le mérite comme fondement de la hiérarchie. Cela suppose idéalement un état de droit où sont respectées les minorités jusqu'à la plus petite, l'individu, l'État n'étant que le garant de ce respect et devant rendre des comptes de son action.

Cependant en fonction de la situation (et de ce que chacun peut en penser soi-même) le libéralisme pourra se manifester de façon fort diverse, voire opposée. Le libéral pourra ainsi être, selon le lieu, voire en fonction des moments, celui qui exige de l'État qu'il brise un traditionalisme religieux ou social oppresseur pour l'individu (caste, statuts, discriminations et privilèges, ...) ou qu'il intervienne pour donner à chacun une véritable capacité d'action économique (bridée par un monopole, la pauvreté, le manque d'éducation de crédit ou autre), ou inversement celui qui s'oppose à l'intervention du pouvoir.

Les limites à fixer à l'action de l'État, ainsi que les modalités de l'action publique (notamment aux rôles respectifs de l'action administrative et de la loi), seront spécialement sujet à débat au sein même. La plupart des libéraux considèrent que l'action de l'État est nécessaire à la protection des libertés individuelles, dans le cadre de ses fonctions régaliennes, et nombre d'entre eux (comme Adam Smith, Raymond Aron, Karl Popper ou Benedetto Croce) acceptent et même recommandent certaines interventions de l'État dans l'économie, notamment en matière de contrôle et de régulation. À l'opposé, les libertariens (ou anarcho-capitalistes) refusent à l'État toute légitimité dans quelque domaine que ce soit.

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Socialisme

Le socialisme est un type d'organisation sociale fondé sur la propriété collective (ou propriété sociale) des moyens de production par opposition au capitalisme.

Il est l'objectif de divers courants apparus et développés depuis le XIXe siècle, et ayant abouti aujourd'hui aux différents courants marxistes et anarchistes, ainsi qu'aux sociaux-démocrates. La répartition des biens et services peut se faire en fonction de la production de chaque individu (collectivisme, travail aux pièces) ou en fonction des besoins de chaque individu (communisme, prise au tas). Les États marxistes ont une économie collectiviste, alors que le communisme est préconisé par les anarchistes. Le mouvement socialiste recherche une justice sociale, condamne les inégalités sociales et l’exploitation de l’homme par l’homme, défend le progrès social, et prône l'avènement d'une société égalitaire, sans classes sociales.

Pour leur part, les universitaires Georges Bourgin et Pierre Rimbert définissent le socialisme comme « une forme de société dont les bases fondamentales sont les suivantes :

  • Propriété sociale des instruments de production ;
  • Gestion démocratique de ces instruments ;
  • Orientation de la production en vue de satisfaire les besoins individuels et collectifs des hommes ».

Fascisme

À l'origine, le fascisme (en italien fascismo) désigne un mouvement politique italien apparu à la fin de la Première Guerre mondiale. Le 23 mars 1919, Benito Mussolini réunit un certain nombre de dissidents du PSI, et entreprend de former un « Faisceau de combat » (fascio di combattimento). Par « Faisceau », Mussolini entendait alors un mouvement spontanéiste, dans la lignée du syndicalisme révolutionnaire italien. Le terme appartenait de fait à un vocabulaire d'extrême-gauche. En concurrence directe avec d'autres organisations révolutionnaires (dont le parti communiste naissant), les Fascii essaient de récupérer une clientèle de droite. Ces tentatives de récupération rassurent la bourgeoisie italienne, qui, à l'issue de la répression des mouvements ouvriers, considère ce mouvement comme un moindre mal.

L'idéologie de ce mouvement est délicate à définir : on peut y voir schématiquement une synthèse du nationalisme et du syndicalisme révolutionnaire, mais de multiples contextes et mouvements idéologiques ont en fait préludé à sa création : le renouveau de l'irrationnel, le futurisme, l'antisémitisme… Du fait de sa nature composite, le fascisme a peiné à constituer une doctrine originale et nouvelle. Les contemporains eux-mêmes étaient sceptiques vis-à-vis d'un programme « attrape-tout », qui capte aussi bien des thématiques marxistes, nationalistes et réactionnaires.

Comme le note l'historien Pierre Milza, cette diversité idéologique nous oblige à penser le fascisme comme une pluralité : « Il n'y a pas un mais des fascismes ». Cette pluralité est d'abord spatiale : « Sur un fond commun (…) il y a éclosion de mouvements politiques d'un type nouveau, proches parents les uns des autres, mais en même temps dotés d'une spécificité qui tient au passé, aux traditions, aux structures des pays dans lesquels ils se développent ». Elle est aussi, et surtout, temporelle. Milza identifie ainsi quatre étapes de développement du fascisme :

  • Le premier fascisme constitue une réaction spontanée de la classe moyenne face à des menaces diverses et contextualisées : prolétarisation, mouvements révolutionnaires.
  • Le second fascisme résulte d'une alliance entre le premier fascisme et la grande bourgeoisie, ce qui suppose que cette dernière se sente également menacée. Cette alliance entraîne la liquidation de certains courants gauchisants (le squadrisme italien, les SA allemands…).
  • Le troisième fascisme représente le fascisme de gouvernement. Il hérite des contradictions initiales du mouvement. À la différence des dictatures de droite classiques, le fascisme ne peut simplement consacrer la domination des élites en place. Il doit en effet satisfaire certaines classes sociales inférieures, qui ont constitué sa clientèle originelle : la petite bourgeoisie fournit ainsi les principaux cadres du nouveau régime, tandis que de multiples institutions sociales (corporations) s'efforcent d'intégrer le prolétariat à la société fasciste. Ces dispositions contradictoires ne peuvent se concilier que dans le cadre d'un grand dessein national. Aussi, par ses contradictions mêmes, le fascisme est acculé à la guerre.
  • Le quatrième fascisme ou full fascism s'efforce de remplacer l'ordre bourgeois et libéral par un ordre nouveau. Ce remplacement présuppose la mise en place d'un pouvoir totalitaire (l'État-SS) et le conditionnement généralisé des individus.

Considéré sous l'angle de ces pluralités, le Fascisme devient un concept politique générique, qui, au-delà du régime de Mussolini caractérise le Nazisme de Hitler, la Ligue de Cuza de Codreanu, la Heimwehr autrichienne, le BUF d'Oswald Mosley, le PPF de Jacques Doriot… Il semblerait même que l'on puisse parler, après 1929, d'une internationale fasciste. En 1932, Mussolini affirme ainsi dans un discours tenu à Milan : « Dans dix ans, l'Europe sera fasciste ou fascisée ». Un peu plus tôt, l'un des caciques du régime, Asvero Gravelli, allait jusqu'à déclarer dans sa revue Antieuropa : « le fascisme est le fossoyeur de la vieille Europe. Voici que surgissent les forces de l'Internationale fasciste ». C'est dans cet esprit que Mussolini créa les CAUR (Comitati d'Azione per l'Universalità di Roma) en 1933, afin de fédérer les mouvements qui se réclament du fascisme italien. Cette initiative resta lettre morte : foncièrement nationalistes, les fascismes ne sauraient cohabiter. Ce n'est que par l'expansionnisme de quelques États fascistes, que le fascisme put s'imposer internationalement.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les mouvements fascistes cessent de constituer une alternative politique viable. Aussi bien leur compromission dans des crimes contre l'humanité que « l'avènement d'un système capitaliste infiniment plus internationalisé que par le passé » hypothèque définitivement leur avenir idéologique. Bien que « l'époque du fascisme » soit close, ces mouvements continuent, marginalement, d'exister.

D'après Wikipédia

 

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19 juillet 2018

NEW YORK : FEARLESS GIRL BIENTOT FACE A LA BOURSE

Article de LeParisien.fr - Avril 2018

Son air déterminé et sa posture engagée ont fait le tour du monde. La statue « Fearless Girl » (la petite fille sans peur), installée en mars 2017 face au célèbre taureau de Wall Street, va être déplacée en face de la Bourse de New York, a annoncé jeudi le maire Bill de Blasio, qui a indiqué que le taureau pourrait, lui aussi, déménager.

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Dès son installation, la statue de cette petite fille, le menton levé et les mains sur les hanches, était devenue une attraction touristique majeure de la ville, campée face au taureau qui symbolise, pour beaucoup, la puissance du marché et de l’esprit d’entreprise américain.

Un coup marketing de génie pour la société de gestion d’actifs State Street Global Advisors, qui avait commandé l’oeuvre à la sculptrice américaine Kristen Visbal.

Le groupe marquait ainsi la journée internationale des femmes et le lancement d’une campagne pour inciter les sociétés dans lesquelles il investit à augmenter le nombre de femmes dans leurs conseils d’administration.

L’installation avait toujours été présentée comme temporaire. Prévu initialement pour un mois, son séjour, à l’extrême sud de Broadway, avait été prolongé jusqu’en mars 2018 et une décision sur son avenir était attendue incessamment.

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D’ici la fin de l’année, elle sera donc déplacée devant le New York Stock Exchange, la Bourse de New York, a indiqué le maire dans un communiqué.

« Nous attendons impatiemment l’arrivée de « Fearless Girl » à son nouvel emplacement, très approprié, défendant son terrain et dirigeant son regard sur notre moteur de progrès et de libre entreprise », a commenté Thomas Farley, président du NYSE.

Pour lui, la statue est « un symbole frappant de notre parcours vers plus d’égalité » et « davantage d’inclusion ».

Le déplacement de la statue met fin, de fait, à la polémique née des déclarations du sculpteur italo-américain Arturo Di Modica, créateur du « Charging Bull » (taureau chargeant). L’artiste considérait que placer une statue de petite fille dans une attitude frondeuse transformait complètement, sans son accord, le sens de son oeuvre, installée en décembre 1989 et qui célébrait « la force et le pouvoir du peuple américain ».

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« Ce déplacement va améliorer l’accès des visiteurs (elle est actuellement située sur un petit terre-plein au milieu des deux voies de Broadway) et faire en sorte que son message continue à être entendu », a déclaré le maire Bill de Blasio.

L’édile a, par ailleurs, indiqué que la mairie envisageait de déplacer également la statue de taureau aux environs du site de la Bourse de New York, qui sont entièrement piétons.

 

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18 juillet 2018

CHAÏM SOUTINE

Chaïm Soutine est un peintre russe juif émigré en France, né en 1893 ou 1894 dans le village de Smilovitchi, à cette époque dans l'Empire russe, et mort à Paris le 9 août 1943.

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Portrait par Modigliani

Très farouche et plutôt introverti, Chaïm Soutine n’a tenu aucun journal, a laissé peu de lettres et s'est peu confié, même à ses proches. Le peu que ses biographes savent de lui provient des témoignages, parfois divergents, de ceux qui l’ont rencontré ou côtoyé — amis, autres peintres ou artistes, marchands d'art — et des femmes qui ont partagé sa vie. Il est d'autant plus malaisé à saisir que, « peintre du mouvement et de l'instable », toujours à l'écart des autres et des écoles, il n'a cessé durant toute sa vie de déménager, de vivre en vagabond sans jamais s'installer durablement nulle part.

Il est en outre avéré que Soutine a contribué à brouiller les pistes, concernant sa jeunesse notamment : peut-être par besoin de refouler un passé douloureux, peut-être aussi pour se forger déjà de son vivant toute l'aura d'un peintre maudit.  

Chaïm Soutine naît dans une famille lituanienne juive orthodoxe de Smilavitchi, un shtetl de quatre cents habitants situé à une vingtaine de kilomètres au sud-est de Minsk. Cette région à l'ouest de l'Empire, aux confins de la Biélorussie et de la Lituanie, fait alors partie du « ghetto de la Russie tsariste », où le pouvoir impérial contraint les Juifs à une vie quasi-autarcique. Pour certains, Soutine est le fils de commerçants assez fiers de ses talents. Il semble plutôt que le père, Salomon, soit raccommodeur chez un tailleur, et gagne fort peu. Sarah, la mère, a onze enfants : Chaïm serait le dixième de cette fratrie. La famille vit dans une grande pauvreté, comme presque toutes celles du shtetl, ce qui génère des violences s'ajoutant à l'angoisse des pogroms : la sauvagerie de Soutine adulte, ainsi que sa peur viscérale de l'autorité, s'enracinent très sûrement dans des traumatismes enfantins.

La famille observe les principes religieux de la Torah et le jeune garçon fréquente l'école talmudique. Mais, aussi obstiné que taciturne, il préfère de très loin le dessin à l'étude, prêt à tout pour se procurer du matériel. Il dessine tout ce qui lui tombe sous les yeux. Or la loi hébraïque, suivant le troisième commandement du décalogue, frappe d'interdit toute représentation humaine ou animale : aussi Chaïm est-il souvent battu par son père ou ses frères. Vers l'âge de neuf ans, on l'envoie en apprentissage chez son beau-frère tailleur à Minsk. C'est là qu'il va se lier durablement avec Kikoïne, qui partage la même passion que lui, et avec qui il suit en 1907 des cours de dessin tout en travaillant comme retoucheur chez un photographe.  

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Soutine fait un jour le portrait d'un vieil homme, sans doute un rabbin, acte transgressif. Le fils du rabbin, boucher de son état, entraîne l'adolescent au fond de sa boutique pour le rosser d'importance. De là lui viendrait sa fascination pour les carcasses d'animaux, la mort à l'œuvre, les couleurs, la violence. Cet épisode va jouer en quelque sorte le rôle de « mythe fondateur » dans la carrière d'artiste de Soutine. Toujours est-il que Chaïm ne pouvant plus marcher pendant une semaine, ses parents portent plainte et obtiennent gain de cause : une partie des quelque vingt-cinq roubles de dédommagement finance son départ pour Vilnius, autour de l'année 1909 — en compagnie de Kikoïne.

Vilnius est surnommée à l'époque la Jérusalem de Lituanie : centre important du judaïsme et de la culture yiddish, elle jouit dans l'Empire d'un statut particulier, plus tolérant, qui autorise les Juifs à vivre et étudier en se mêlant aux goyims. L'effervescence intellectuelle qui y règne va permettre à Soutine de rompre à la fois avec un milieu familial hostile à sa vocation et avec le cadre étroit du shtetl et de ses interdits. Ses ambitions d'artiste se confirment, bien qu'il ait été recalé une première fois au concours d'entrée de l'École des beaux-arts.

Admis en 1910, il va vite, témoigne Michel Kikoïne, se révéler l'un des plus brillants élèves de l'école. Mais une espèce de tristesse morbide se dégage déjà de ses sujets d'esquisse, exécutés d'après nature : scènes de misère, d'abandon, enterrements… Racontant avoir maintes fois posé pour son ami étendu sur le sol, recouvert d'un drap blanc et entouré de bougies, Kikoïne ajoute : « Soutine se sentait inconsciemment tendu vers le drame ». Il commence en tout cas à découvrir les grands maîtres de la peinture à travers des reproductions.

D'une timidité maladive, Soutine n'admire que de loin les actrices des théâtres, et noue une idylle fugace avec Deborah Melnik, qui aspire à devenir cantatrice et qu'il va retrouver plus tard à Paris. Il soupire aussi après la fille de ses logeurs, M. et Mme Rafelkes, mais d'une manière si discrète que, lasse d'attendre qu'il se déclare, elle en épouse un autre. Les Rafelkes, bourgeois fortunés qui auraient néanmoins volontiers pris Soutine pour gendre, l'aident alors à réunir l'argent nécessaire pour se rendre à Paris.

A l'École des beaux-arts Soutine et Kikoïne ont rencontré Pinchus Krémègne, et tous trois étouffent à Vilnius. Ils rêvent de la capitale française, qui sait offrir la liberté aux peuples venus d'ailleurs, moins menacée que la Russie par l'antisémitisme, et en constante ébullition artistique. Krémègne, un peu moins pauvre, part le premier. Il est bientôt suivi par Soutine et Kikoïne. Chaïm Soutine a définitivement tourné le dos à son passé, dont il n'emporte rien, pas même des bagages, pas même ses travaux.

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Depuis 1900, le quartier de Montparnasse, mis à la mode par Apollinaire, a supplanté Montmartre comme épicentre d'une vie intellectuelle et artistique intense. Celle-ci est le fruit d'une rencontre sans équivalent d'écrivains, de peintres, de sculpteurs, de comédiens, souvent sans le sou, qui échangent et créent entre cafés et cités d'artistes, alcool et travail, liberté et précarité. C'est là que pendant une dizaine d'années, Soutine va développer et affirmer son talent, subsistant par ailleurs dans une grande pauvreté.

Au fil des mois Soutine croise entre autres Archipenko, Zadkine, Brancusi, Chapiro, Kisling, Epstein, Chagall, Chana Orloff ou Lipchitz (qui le présente en 1915 à Modigliani). Tant qu'il n'a pas son atelier attitré, il dort et travaille chez les uns ou chez les autres, surtout Krémègne et Kikoïne. Il lui arrive aussi de passer la nuit dans une cage d'escalier ou sur un banc.

Soutine se lance avidement à la découverte de la capitale. Dès qu'il a trois sous en poche, c'est pour aller écouter de la musique aux concerts Colonne ou Lamoureux, avec une prédilection pour le maître du baroque. Il hante les galeries du Louvre pour contempler durant des heures ses peintres préférés : il aime Fouquet, Raphaël, Chardin et Ingres, et surtout Goya, Courbet, et Rembrandt. Devant un Rembrandt, il pouvait entrer en transes et s'écrier : « C'est si beau que j'en deviens fou ! ». Il prend également des leçons de français, et dévore Balzac, Baudelaire ou Rimbaud, et plus tard Montaigne.

En 1913, il suit aux Beaux-Arts, avec Kikoïne et Mané-Katz, les cours très académiques de Fernand Cormon. Sorti du cours, Soutine peint sur de vieilles croûtes achetées aux puces de Clignancourt, qu'il lacère à la moindre déception ou critique, quitte à les recoudre pour s'en resservir s'il n'a plus d'autre support — toute sa vie, Soutine ne va plus cesser de détruire ainsi ses œuvres, impitoyablement. La nuit, il travaille avec Kikoïne comme débardeur à la gare Montparnasse, déchargeant les poissons et fruits de mer en provenance de Bretagne. Il lui arrive aussi de se faire embaucher comme ouvrier au Grand Palais, voire d'y tracer des lettrages quand s'y tient le Salon de l'automobile, ce qui prouve que Soutine ne se complaît pas dans la pauvreté et tente de s'en sortir.

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Sa vie n'est pas celle de la bohème insouciante, c'est celle des immigrés pauvres, incertains du lendemain. Peut-être porteur d'un ténia, il est tout le temps affamé ou se nourrit mal. En outre, il s'invente des régimes à base de lait et de pommes de terre bouillies pour combattre ses premières douleurs stomacales. Rongé par la vermine, il a la réputation d'être sale, et ses vêtements souvent maculés sont usés au-delà de la corde. S'il n'a plus de chemise il se fabrique un plastron en enfilant ses bras dans les jambes d'un caleçon — quand il ne va pas nu, dit-on, sous son manteau, sortant parfois aussi les pieds enveloppés de chiffons et de papiers.

Beaucoup le prennent pour un fou. Quant aux femmes, Soutine leur débite des compliments déconcertants ou bien il choisit, lorsqu'il lui arrive d'aller dans une maison close, celles qui sont les plus abîmées par la vie ou l'alcool — telles qu'elles paraissent sur certains de ses tableaux. Les relations qu'entretient alors avec les femmes ce mal-aimé taraudé par l'angoisse de l'impuissance semblent le reflet d'un certain dégoût de lui-même.

Survient la Grande Guerre. Réformé pour raison de santé alors qu'il s'est engagé comme terrassier pour creuser des tranchées, il obtient le 4 août 1914 un permis de séjour au titre de réfugié russe, puis passe quelques semaines dans une villa louée par Kikoïne et sa femme au nord-ouest de Paris. Lorsque le front se rapproche, Soutine rentre à Paris, et s'installe chez le sculpteur Oscar Mietschaninoff.  

Modigliani, son aîné, déjà un peu connu, le prend sous son aile et lui apprend les bonnes manières — se laver, s'habiller, se tenir à table, se présenter aux gens. Modigliani a foi en son talent et lui apporte un soutien indéfectible. Devenus inséparables malgré le caractère difficile de Soutine, ils louent ensemble à partir de 1916 un atelier à la cité Falguière, où ils travaillent côte à côte. Ils ont en commun, outre un même goût pour la lecture (poésie, roman, philosophie), la même passion de peindre, la même exigence — ou insatisfaction — qui les pousse à détruire beaucoup, et le même désir de demeurer indépendants des mouvements artistiques de leur temps : fauvisme, cubisme, futurisme. Ils sont tous deux rongés de l'intérieur, non tant par la maladie que par une souffrance profonde, palpable chez Soutine, plus dissimulée chez son exubérant compagnon, qui la noie cependant dans l'alcool et la drogue. Modigliani entraîne bientôt Soutine dans ses beuveries, où ils trompent leur chagrin comme leur faim. Ces excès contribuent à aggraver l'ulcère dont souffre Soutine, qui a posteriori en a beaucoup voulu à Modigliani. Ceci relativise les pulsions autodestructrices qu'on lui prête souvent : Soutine, en dépit des apparences, aime la vie, dans toute son âpreté.

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Modigliani le recommande chaudement au poète Léopold Zborowski, qui a démarré avec lui son activité de marchand d'art. Mais le courant passe mal et surtout Zborowski, encore désargenté, et dont l'épouse n'apprécie guère les façons frustes de Soutine, n'aime pas beaucoup sa peinture. Néanmoins il lui alloue, contre l'exclusivité de ses productions, une rente de 5 francs par jour qui l'aide à vivoter, et s'évertue, parfois en vain, à vendre certains de ses tableaux.

Au printemps 1918, alors que la Grosse Bertha bombarde Paris, Zborowski envoie Soutine à Vence avec d'autres de ses « poulains ». Il est probable que le jeune artiste, homme du Nord et de la grisaille, a été ébloui par les couleurs et les lumières de Provence. C'est à cette époque que les paysages de Soutine commencent à suivre des lignes obliques qui leur donnent leur allure des plus mouvementées.

C'est lors d'un séjour à Cagnes-sur-Mer que Soutine apprend, en janvier 1920, la mort de Modigliani, suivie de près par le suicide de sa compagne Jeanne Hébuterne. Ce décès brutal et prématuré laisse un grand vide dans la vie de Soutine, plus seul que jamais.

Soutine va vivre plusieurs années dans le Midi, d'abord entre Vence et Cagnes-sur-Mer, puis, délaissant en 1919 la Côte d'Azur pour les Pyrénées-Orientales, à Céret. Il vit toujours misérablement des subsides de Zborowski. Les gens du cru le prennent en pitié ou en sympathie ; lui fait leur portrait, inaugurant certaines séries célèbres comme celles des hommes en prière, ou des pâtissiers et garçons de café. Entre 1920 et 1922, il peint quelque deux cents tableaux.

La période de Céret, bien que Soutine ait fini par prendre en grippe l'endroit comme les œuvres qu'il y a peintes, est généralement considérée comme une étape clé dans l'évolution de son art. Il n'hésite plus à injecter sa propre affectivité dans les sujets et les figures. Surtout il imprime aux paysages des déformations extrêmes qui les emportent en un mouvement giratoire.

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Entre décembre 1922 et janvier 1923, le riche collectionneur américain Albert Barnes écume les ateliers et galeries de Montparnasse afin de compléter la somme d'œuvres qu'il a acquises avant guerre pour sa future fondation d'art contemporain dans la banlieue de Philadelphie. Grand amateur d'impressionnistes (Renoir, Cézanne), féru de Matisse, un peu moins de Picasso, il veut connaître mieux le fauvisme, le cubisme, l'art nègre : il se met donc en chasse de nouveaux artistes sous la houlette du marchand Paul Guillaume. Il découvre Soutine et se précipite chez Zborowski, tandis que quelques amis cherchent Soutine afin de le rendre présentable. L'Américain aurait acheté sur-le-champ au moins une trentaine d'œuvres, paysages et portraitss. 

Du jour au lendemain, même si sa cote ne grimpe pas immédiatement et que s'élève par ailleurs une polémique autour de l'École de Paris et de sa place au Salon des indépendants, Soutine devient dans le milieu de l'art un peintre connu, recherché des amateurs. Il semble qu'il rompe alors avec ses anciens compagnons d'infortune, soit pour oublier ces années d'épreuve, soit parce qu'eux-mêmes auraient jalousé son succès. 

Soutine s'habitue à sa bonne fortune et modifie son train de vie. Si son ulcère lui interdit les agapes, il s'habille et se chausse désormais chez les meilleurs faiseurs, ayant aussi recours à une manucure pour soigner ses mains, qu'il sait fines et belles et qui constituent son outil de travail. Certains de ses contemporains lui ont reproché une ostentation de parvenu.  

Renvoyé à Cagnes par Zborowski, Soutine traverse un passage à vide : une lettre adressée à son marchand détaille son état dépressif et improductif, dans ce paysage qu'il dit ne plus supporter. Il rentre en 1924 à Paris, où il change souvent d'atelier. Il y retrouve la cantatrice Deborah Melnik, pour une liaison qui sera de courte durée malgré un possible mariage religieux : le couple est déjà séparé, et à couteaux tirés, lorsque Débora Melnik, le 10 juin 1929, met au monde une fille prénommée Aimée. Chaïm Soutine en serait le père, mais il ne la reconnait pas ni ne subvient à ses besoins, suggérant même par ses calomnies qu'elle ne serait pas de lui. 

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Durant toutes les années 1920, le peintre retourne périodiquement sur la Côte d'Azur. La notoriété du peintre n'a pas chassé les angoisses ni les complexes de l'homme. L'historien d'art Élie Faure achète à Soutine quelques tableaux et lui consacre en 1929 une courte mais importante monographie. Il noue avec Soutine des liens plus intenses qu'avec d'autres, tels Braque ou Matisse : il le voit très souvent, le reçoit en Dordogne, l'emmène en Espagne, l'aide matériellement, le soutient surtout d'une admiration sans réserve. Mais leur amitié s'étiole dès le début des années 1930, peut-être parce que Soutine s'est épris de la fille de Faure, qui nourrit pour elle d'autres ambitions.

En 1926 et 1927, Soutine séjourne régulièrement dans le Berry, au Blanc, où Zborowski loue une vaste maison pour que « ses » artistes puissent se reposer et travailler dans une atmosphère chaleureuse. 

De toute cette période datent les nombreuses natures mortes aux coqs, poulets, dindes, faisans, canards, lièvres, lapins... Soutine choisit lui-même les bêtes sur les étals, puis les laisse faisander avant de les peindre, indifférent à la puanteur. Entre 1922 et 1924, il s'est lancé, en référence à Chardin, dans des variations sur le lapin ou le lièvre, et surtout la raie. En 1925, c'est à une plus grande série qu'il s'attaque, se confrontant enfin à son maître Rembrandt et à son célèbre Bœuf écorché.

Il se rend à la Villette pour se faire livrer un bœuf entier, qu'il suspend dans son atelier. La viande commence à travailler et à noircir. Il l'asperge de sang frais ou met du rouge avant de la peindre. Bientôt les mouches s'en mêlent, les voisins aussi, horrifiés par la pestilence : les employés des services d'hygiène débarquent, qui vont conseiller au peintre de piquer désormais ses « modèles » avec de l'ammoniaque afin de freiner la décomposition...  

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La nourriture dont il a tant manqué est très récurrente dans l'œuvre de Soutine, mais on a pu s'interroger sur sa fascination pour la chair et le sang du cadavre dans son ultime nudité. Volailles ou pièces de gibier sont accrochées par les pattes à quelque croc de boucher, dans des postures de suppliciés que le peintre prend soin de mettre au point : comme traversées d'un dernier soubresaut, elles semblent exhiber la souffrance de l'agonie. Or le peintre s'était un jour confié ainsi à Emil Szittya : « Autrefois j'ai vu le boucher du village trancher le cou d'un oiseau et le vider de son sang. Je voulais crier, mais il avait l'air si joyeux que le cri m'est resté dans la gorge. […] Ce cri, je le sens toujours là. » Son obsession picturale paraît donc d'ordre à la fois traumatique et thérapeutique.
 
Léopold Zborowski, qui s'est notablement enrichi dans la vente de tableaux, meurt subitement en 1932, ruiné par la crise de 1929, un train de vie dispendieux et des dettes de jeu. Mais Soutine, qui s'est brouillé avec lui, a déjà trouvé les mécènes à qui il réservera désormais l'exclusivité de sa production : Marcellin Castaing, critique d'art réputé, et son épouse Madeleine, brillante décoratrice et antiquaire. 
 
Malgré la récession, les Castaing assurent à Soutine un confort certain en le déchargeant de tout souci contingent, et une sécurité matérielle qui le tranquillise : dès cette époque il lui arrive, à cause des douleurs dues à son ulcère, de devoir cesser de peindre durant des semaines voire des mois entiers, et sa production diminue nettement dans les années 1930. Les Castaing l'invitent souvent à séjourner dans leur propriété de Lèves, près de Chartres, où il se sent bien malgré une ambiance un peu trop mondaine à son goût. 

Soutine a gardé l'habitude d'acheter à la brocante de vieilles toiles déjà peintes, qu'il gratte et décape avec soin pour en adoucir la surface. Mais ce n'est plus par économie : « J'aime peindre sur une chose lisse, j'aime que mon pinceau glisse ». Il ne se met jamais à peindre que lorsqu'il sent le moment venu, n'importe où, personne de la maisonnée ne devant plus regarder ni passer à moins de trente mètres. Il travaille alors dans un état second, silencieux, totalement absorbé. Ces séances fiévreuses le laissent harassé, incapable de parler pendant plusieurs heures, presque déprimé. Après quoi, ceux qui sont conviés à découvrir le nouveau tableau redoutent toujours ce moment périlleux : « C'était extrêmement angoissant, se rappelle Mme Castaing, parce que nous savions que si le regard n'était pas assez élogieux, la bouteille d'essence était à côté, et il effaçait tout. »

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Soutine déclare ainsi à une dame visitant son atelier que ce qu'elle peut y voir ne vaut pas grand-chose, et qu'il aura un jour, contrairement à Chagall ou Modigliani, le courage de tout détruire : « Moi, j'assassinerai un jour mes tableaux. »
 
En 1937, des amis lui présentent une jeune femme rousse, Gerda Michaelis Groth, juive allemande ayant fui le nazisme. Gerda l'invite quelques jours après à un thé chez elle, mais Soutine, qui n'a jamais d'heure, n'arrive que sur le soir, et l'emmène à un match de catch, son sport favori. Or là, il est subitement pris de malaise. La jeune femme le dorlote et reste auprès de lui pour le veiller. Au matin il refuse de la laisser partir : « Gerda, tu as été cette nuit ma garde, tu es Garde, et maintenant c'est moi qui te garde. » Gerda Groth devient pour tous Mlle Garde.
 
C'est la première fois que Soutine s'installe durablement avec une femme et qu'il mène une vie régulière, « normale ». Le couple reçoit, sort et va souvent pique-niquer dans les environs de Paris, vers Garches ou Bougival. Soutine emporte ses toiles et ses couleurs, Gerda un livre. Aux côtés de « Garde », le peintre connaît deux années de douceur et d'équilibre, qui lui donnent envie de reprendre contact par écrit avec sa propre famille. Surtout, souffrant en permanence de l'estomac, il décide de se soigner vraiment. Il consulte des spécialistes et prend ses remèdes. Ce qu'il ignore, c'est que les médecins jugent inopérable son ulcère, déjà trop avancé. Ils ne lui donnent pas plus de six ans à vivre.

La quiétude est bientôt menacée par le contexte international de la fin des années 1930. Comme on lui a recommandé l'air de la campagne, il passe l'été 1939 avec Gerda dans un village de l'Yonne, Civry-sur-Serein. Il compte sur l'appui du ministre de l'Intérieur Albert Sarrault, qui lui a acheté plusieurs toiles, pour renouveler son permis de séjour arrivé à échéance, puis pour obtenir, une fois la guerre déclarée, le laissez-passer que nécessitent ses soins à Paris. Mais cette autorisation ne vaut que pour lui, et même l'entremise des Castaing ne suffit pas à faire lever l'assignation à résidence de Gerda. En avril 1940, tous deux s'enfuient nuitamment de Civry et regagnent Paris. Comme tous les ressortissants allemands, Gerda Groth doit se rendre au Vel d'hiv. Soutine, toujours partisan d'obéir aux autorités, l'accompagne à la porte. On la transfère au camp de Gurs dans les Pyrénées-Atlantiques.

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Soutine paraissait sincèrement attaché à Gerda mais ne se risque pas à essayer de la tirer de son internement, d'autant qu'à partir de l'été et de l'automne 1940 se succèdent les lois antijuives du régime de Vichy et des autorités allemandes d'occupation. Obtempérant aux injonctions du gouvernement, Chaïm Soutine se fait recenser en octobre 1940 comme réfugié russe, estampillé « Juif » sous le numéro 35702146. Dès lors, il est susceptible d'être arrêté à tout moment pour être envoyé dans un des camps installés en zone sud, et il entre dans une semi-clandestinité.

Mme Castaing s'est mis en tête de lui retrouver une compagne au plus vite, et lui présente au Café de Flore une jeune femme blonde dont le charme le fait bientôt succomber. Sœur du scénariste Jean Aurenche, seconde épouse du peintre Max Ernst dont elle est séparée, égérie des surréalistes qui vénèrent en elle le modèle de la femme-enfant, Marie-Berthe Aurenche est belle mais fantasque, d'un tempérament volcanique et d'un équilibre psychique fragile. Elle a certes des relations dans les milieux bourgeois et artistiques, mais se révèle incapable d'apporter à Soutine le calme et la stabilité dont il a besoin. Soutine se comporte de plus en plus comme un somnambule, inconscient du danger lorsqu'il circule sans précaution dans Paris occupé et refusant sous d'absurdes prétextes de gagner la zone libre ou les États-Unis.  

Dès le début de l'année 1941 commence pour Soutine une vie d'errance clandestine. Chassés de plusieurs auberges où on leur reproche leur malpropreté ou les éclats de Marie-Berthe, Soutine et elle finissent par trouver à louer une maison du côté de Chinon. Là, en dépit d'intenses brûlures d'estomac qui le contraignent bientôt à ne plus se nourrir que de bouillie, le peintre se remet au travail.
 
Début août, une crise plus violente que les autres le conduit à l'hôpital de Chinon, où est préconisée une opération d'urgence mais l'interne de service s'incline devant la volonté de Marie-Berthe d'emmener le malade dans une clinique parisienne réputé. Opéré le 7 août 1943 d'un ulcère perforé ayant dégénéré en cancer, Chaïm Soutine décède le surlendemain. 

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D'après Wikipédia

 

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17 juillet 2018

POURQUOI LE JAPON ?

Au fait, pourquoi j'aime tant le Japon ? Peut-être parce que je ne le verrai jamais et qu'il constitue donc un fantasme. Mais bien d'autres pays sont si lointains que je ne visiterai jamais non plus. Disons qu'il y a tout cet Extrême-Orient qui m'attire énormément, par sa culture, tellement immense, tellement différente, toutes ces nations dont je voudrais tout connaître : la Chine, la Thaïlande, le Vietnam, le Cambodge, Singapour, etc. etc. Il fallait choisir. Et dans mes rêves, c'est souvent le Japon qui l'emporte... S'il fallait choisir UN voyage en Extrême-Orient, ce serait difficile de me prononcer mais je pense qu'au final le Japon s'imposerait.

Il me semble être la terre de tous les contrastes, et je suis moi-même une contradiction personnifiée. J'aime tout et son contraire, et le Japon me semble rassembler ces caractères !

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Il y a par exemple ces geishas, un thème entier à découvrir et étudier, qui représente un ancien monde révolu, qui continuent d'exister et se promènent dans les villes modernes et "occidentalisées"...

Il y a ce climat invraisemblable, très pluvieux, très capricieux, très violent, qui permet l'exubérance et la luxuriance de la végétation, et puis ces jardins zen, aux petits cailloux blancs, sans cesse ratissés pour qu'aucun ne dépasse des motifs tracés patiemment...

Il y a ces maisons traditionnelles, ces cloisons de papier, ce minimalisme, les meubles quasi inexistants... et puis des mégalopoles aux gratte-ciel époustouflants, aux avenues gigantesques, aux boutiques innombrables...

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Il y a ces personnes de la campagne, tranquilles, simples, et puis ces jeunes déguisés en petites filles modèles, en vampires ou en cyberpunks...

Il y a cette cuisine parfois si étrange pour nous et ce plaisir si universel de pique-niquer sous les cerisiers en fleurs...

Et puis il y a cette menace, la chute inquiétante de la démographie... les Japonais seront-ils un jour remplacés par des robots ?

Le Japon, c'est fou, et c'est cette folie que j'adore...

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16 juillet 2018

ITALIE : ETYMOLOGIE

Au Ve siècle av. J.-C. le nom Italia désigne à l'origine seulement une partie de ce qu'est maintenant l'Italie du Sud. Selon Antiochos de Syracuse, c'est la partie du sud de la péninsule (Bruttium), l'actuelle région italienne de la Calabre habitée par les Italos (et plus précisément l'isthme de Catanzaro).

Au IIe siècle av. J.-C., l'historiographe grec Polybe appelle Italie le territoire compris entre le Détroit de Messine et les Apennins septentrionaux, bien que son contemporain romain Caton l'Ancien étende le concept territorial de la péninsule jusqu'à l'arc alpin. C'est sous le règne de l'Empereur Auguste (Ier siècle av. J.-C.) que le terme est étendu officiellement pour couvrir la péninsule jusqu'aux Alpes, unifiant ainsi la zone géographique italienne et unifiant pour la première fois l'ensemble du peuple ethnoculturel italique qui y vit. La Sicile, la Sardaigne et la Corse ne feront pas partie de l'Italie avant le IIIe siècle, conséquence des réformes administratives de Dioclétien, même si leurs rapports culturels étroits avec la péninsule permettent de les considérer comme partie intégrante de l'Italie.

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Le nom Italia pourrait venir du nom d'Italos, fils de Telegonos et de Pénélope, roi des Œnôtres ou Œnotriens, royaume correspondant à une partie de la Calabre et de la Basilicate, allant jusqu'à Tarente au sud. « Italos devint un législateur si apprécié pour sa justice et sa manière de gouverner, que son peuple appela ses territoires du nom d'Italie en son honneur, en sa mémoire », d'après l'Énéide de Virgile.

Une des plus anciennes inscriptions faisant apparaître le mot Italie sous la forme Italia se trouve sur une monnaie datant du Ier siècle av. J.-C., retrouvée dans l'ancienne Corfininium dans les Abruzzes, capitale de la Confédération italique. La monnaie a été frappée par la confédération des peuples italiques, en guerre contre Rome pour obtenir la citoyenneté romaine.  

Une origine populaire grecque rapproche l'étymologie à un épisode de la mythologie grecque des travaux d'Héraclès. En effet, après avoir volé les cent quinze bœufs de Géryon, le héros mène le troupeau le long des côtes italiennes, lorsqu'un taureau s'échappe jusqu'en Sicile. Héraclès l'y retrouve et appelle le pays Italia.

Une autre version grecque emploie les termes Ouitalia et Ouitalios, en les rapprochant du grec étalon (anciennement wetalon) signifiant : « taureau ». Il est possible que les Italos aient pris le nom de leur animal totem, le taureau, qui les aurait guidés jusqu'aux lieux ou ils se sont installés. L'historien grec Dionysius de Halicarnasse expose ce compte rendu ensemble avec la légende que l'Italie a porté le nom d'Italus, mentionné aussi par Aristote et Thucydide.

Une autre étymologie est proposée, sur le rapprochement de it- et de aithô, en grec : ce verbe signifie « brûler », et on le retrouverait dans le radical du nom du volcan Etna. Sa présence serait justifiée du fait que, Italie étant un nom donné par les Grecs, venant de l'est, ils voient le soleil couchant rougeoyer et brûler l'horizon à l'endroit de la péninsule. On trouve le terme aithalia également utilisé à l'époque antique pour les îles de Lemnos (sans doute du fait de son activité métallurgique) et d'Elbe, pour la même raison qu'Italie. Son usage pour l'Etna ou Aithna est transparent. Le nom d’aithalia aurait été donné en premier lieu aux côtes sud de la Botte, là où les Grecs ont accosté en premier, sur le continent.

D'après Wikipédia

 

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15 juillet 2018

ALLEMAGNE : GEOGRAPHIE - GENERALITES

L'Allemagne est un pays à la charnière de l'Europe occidentale et de l'Europe centrale situé entre le Benelux et la France à l'ouest, la mer du Nord, le Danemark et la mer Baltique au nord, la Pologne et la République tchèque à l'est et la Suisse et l'Autriche au sud. On distingue en Allemagne plusieurs grands espaces : la grande plaine du Nord, les montagnes moyennes du centre (Mittelgebirge), le plateau bavarois et la vallée du Danube au Sud. Le pays est traversé par plusieurs grands fleuves, dont le Rhin, le Danube et l'Elbe.

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État-nation unifié tardivement, l'Allemagne a connu des frontières instables, bouleversées plusieurs fois à la suite de guerres avec les pays voisins. Divisée entre 1949 et 1990, l'Allemagne réunifiée est le pays le plus peuplé de l'Union européenne. À l'inverse de la Grande-Bretagne ou de la France, aucun centre ne domine le réseau urbain. La population se répartit dans plusieurs pôles dont la Ruhr, la région Rhin-Main avec la ville principale de Francfort, les villes de Berlin, Hambourg et Munich et plusieurs métropoles secondaires.

L'Allemagne dispose d'une situation privilégiée sur le continent européen : elle apparaît comme un passage entre la mer du Nord et la mer Méditerranée. Avec la disparition du rideau de fer et l'intégration des pays orientaux dans l'Union européenne, elle se retrouve au centre du continent. L'ouest du pays est traversé par la dorsale européenne, une région très peuplée et dynamique sur le plan économique. Les axes est-ouest devraient retrouver une certaine dynamique.

La RFA était une république rhénane, très axée sur l'Ouest de l'Europe. La France, ennemi héréditaire, est devenue le premier client et le premier fournisseur. Avec elle, elle a été un élément moteur de la construction de l'Europe politique. Au contraire, la RDA regardait vers l'Union soviétique et les démocraties populaires de l'Europe de l'Est. Depuis la réunification, l'enjeu géopolitique de l'Allemagne contemporaine est de retrouver une nouvelle place dans cette « Mitteleuropa » en train de se dessiner, surtout depuis l'intégration de nombreux pays d'Europe centrale et orientale à l'UE (2004). Elle dispose de nombreux atouts comme sa puissance économique, ses capacités d'investissement et sa langue (très parlée en Europe centrale) pour y arriver, même si l'intégration des nouveaux lands se révèle beaucoup plus difficile que prévu.

D'après Wikipédia

 

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14 juillet 2018

HISTOIRE DE LA SUEDE RESUMEE

L'histoire de la Suède à proprement parler commence au VIIIe siècle, avec l'apparition des premières sources écrites. C'est le début de l'âge des Vikings, durant lequel les Suédois (Varègues) sont principalement actifs vers l'Orient, commerçant avec les peuples slaves de Russie et poussant leurs expéditions jusqu'à Constantinople et Bagdad. L'unification de la Suède en royaume se produit au Xe siècle, plus tardivement que celles du Danemark et de la Norvège. Le pays se convertit également au christianisme à partir du règne d'Olof Skötkonung.

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La conquête de la Finlande commence au XIIe siècle. En 1397, la Suède est associée au Danemark et à la Norvège au sein de l'Union de Kalmar, dont elle tente à plusieurs reprises de se détacher au cours du XVe siècle. Gustave Vasa rompt l'Union en 1520, donnant naissance au royaume de Suède moderne, qui adopte rapidement le protestantisme comme religion d'État. Le pays connaît son apogée territoriale dans la première moitié du XVIIe siècle, sous les règnes de Gustave II Adolphe, qui implique son pays dans la guerre de Trente Ans, et de Christine. On parle d'empire suédois pour désigner cet ensemble qui inclut la Suède propre, la Finlande et diverses possessions sur les rives de la mer Baltique.

Le XVIIIe siècle est une période de déclin pour la Suède qui perd la totalité de ses conquêtes, y compris la Finlande en 1809. Elle entre cependant en union personnelle avec la Norvège pour un siècle (1814-1905). Le pays connaît une industrialisation rapide durant la seconde moitié du XIXe siècle et devient une monarchie parlementaire sous l'égide de la maison Bernadotte, dynastie d'origine française.

La Suède poursuit une politique de neutralité qui l'a tenue à l'écart des deux guerres mondiales du XXe siècle, sans pour autant l'empêcher d'adhérer à l'Organisation des Nations unies en 1946, ainsi qu'à l'Union européenne en 1995.

D'après Wikipédia

 

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13 juillet 2018

BRETAGNE : ALAIN II DE BRETAGNE

Alain II de Bretagne, dit « Barbetorte » ou « al louarn » (en breton : « le renard »), (né vers 900 - mort en 952 à Nantes) est le fils de Mathuedoï de Poher et petit-fils par sa mère d’Alain le Grand, dernier roi de Bretagne.  

Alain de Bretagne est le fils du comte Mathuedoï de Poher et d'une fille anonyme d'Alain le Grand. Son père et lui s’exilent au cours de la décennie 920 auprès du roi Athelstan d'Angleterre qui est le parrain d'Alain selon la chronique de Nantes.

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Après les disparitions successives d'Alain le Grand (mort en 907) et de Gourmaëlon (mort en 913) la Bretagne connait un regain d'attaques de la part des vikings. Ces derniers ne se contentent plus d'expéditions de pillages comme au IXe siècle ni même de se retirer contre paiement d'un tribut de type « Danegeld » mais ils cherchent à se substituer aux dynastes locaux et à établir une principauté comme ils l'ont fait à la même époque en Irlande à Dublin et Limerick, en Angleterre à York et dans le Danelaw, et même en 911 à Rouen. Par ailleurs le vicomte d'Angers Foulques Ier tente de contrôler le pays nantais.

La seconde intervention d'Hugues le Grand et de Herbert II de Vermandois contre Nantes en 927 aurait permis de cantonner les Normands de la Loire à Nantes et favorisé le retour de certains émigrés dont Alain, fils de Mathuedoï, néanmoins contraint de s'exiler une seconde fois en 931 après l'échec de l'insurrection contre les Normands menée avec Bérenger.

Jean, abbé de Landévennec, exilé comme les principaux membres de l'aristocratie bretonne depuis 919, revient en Bretagne vers 935, et recrute des tenanciers qui, réfugiés dans les rochers inaccessibles de la côte de Crozon, résistent aux vikings sous la direction de deux chefs locaux Amalgod et Wethenoc. Il envoie ensuite des hommes sûrs à la cour d'Æthelstan pour informer de la situation Alain, fils de Mathuedoï, et le presser de prendre la direction des Bretons. Jean regroupe des partisans afin de lui fournir une petite armée, et lui fait prêter serment par Amalgod et Wethenoc.

Alain débarque en 936 en Bretagne près de Dol-de-Bretagne et attaque ensuite le camp de Péran. Il combat les Normands à Plourivo avant de marcher sur la Loire et Nantes et de les en chasser en 937. Cependant aucun texte d'époque ni aucune trace archéologique ne mentionne l'existence d'une telle bataille à Plourivo. Il est reconnu comme « Brittonum dux » en 938.

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La libération s’achève le 1er août 939, par la victoire de Trans non loin des rives du Couesnon sur les Normands avec l’aide du comte de Rennes Juhel Bérenger et du comte du Mans Hugues Ier. Cette date serait devenue la « fête nationale des Bretons ». Alain doit renoncer au Cotentin, à l’Avranchin et au territoire situé à l’ouest de la Mayenne. Quant au comté de Nantes, il a été, un temps, sous l’obédience angevine de Foulque Ier d’Anjou. En 942, Alain Barbetorte devient allié de Louis IV d’Outremer (roi franc), qu’il a connu lors de leur exil en Angleterre, et dont il devient le « fidèle » (vassal) à Rouen, ainsi qu’avec Thibaud Ier le Tricheur, comte de Blois, de Tours et de Chartres. Il conclut la même année une étroite alliance avec Guillaume Tête d'Étoupe, duc d’Aquitaine, qui lui permet d’obtenir au sud de la Loire les pagi de Mauges, Tiffauges et Herbauges.

En 944, il se livre à une guerre fratricide avec Juhel Bérenger de Rennes que les vikings mettent à profit pour piller de nouveau la Bretagne. Devant le danger commun, la réconciliation est prompte.

Alain Barbetorte développe les liens avec les abbayes de la vallée de la Loire. Son union avec une sœur du comte de Blois, Roscille d'Anjou, montre qu’Alain Barbetorte souhaite conforter son rôle dans la politique du royaume de Francie occidentale. Sa mort prématurée en 952 met toutefois un terme à ses projets et à son œuvre de restauration de la puissance bretonne.

Alain Barbetorte est inhumé dans la collégiale Notre-Dame à Nantes, ville qu’il avait choisie comme capitale et dont il avait encouragé la reconstruction après les destructions commises par les Normands.  

Il a eu, avec Roscille, un enfant : Drogon de Nantes, appelé également Dreux, (né vers 950, futur comte de Nantes, mort vers 958). Alain Barbetorte sans doute pendant son exil vers 930 avait contracté une union avec la « noble Judith » ; de cette relation considérée comme extra-matrimoniale, sont nés deux enfants réputés illégitimes : Hoël, futur comte de Nantes, né vers 930 ; Guérech, duc de Bretagne, né vers 933. Frères « bâtards » du jeune Drogon, ils doivent s'effacer devant ce dernier.

D'après Wikipédia

 

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