Je suis très très impatiente. C’est associé à une sorte d’hyperactivité du ciboulot. J’ai du mal à me concentrer sur une activité… il faut que je « change » toutes les 45 mn maxi. Si je lis, au bout de 40 pages, je dois passer à autre chose. Quand je regarde un film ou une série, je gigote dans tous les sens ; c’est une des raisons pour lesquelles je ne vais plus en salle, d’ailleurs. Rester assiste pendant deux heures sans bouger… impossible ! Ça me stresse, ça me démange, ça m’exaspère et j’en perds mon intérêt pour le film. Toutes mes occupations sont « découpées » en tranches de 45 minutes !

z01

Je déteste ne rien faire, je ne supporte pas, ça m’agace au plus haut point, c’est gâcher du temps, dans cette vie qui passe si vite.
Ainsi, pour mes rendez-vous, j’arrive toujours pile poil à l’heure et si je dois attendre, cela me rend de mauvaise humeur qu’on puisse ne pas respecter la même politesse. Il a fallu déployer beaucoup d’efforts pour parvenir à me calmer quand j’avais des entretiens professionnels et à ne pas balancer au recruteur « Ah ben quand même ! », ce qui m’arrive chez les médecins débordés ou quand quelqu’un arrive en retard à la maison…

Je supporte la plage pendant deux heures maxi, sachant que je profite du soleil un petit quart d’heure, ensuite je vais nager, puis je reviens sécher et bronzoter un peu, ce qui constitue en fait plusieurs périodes différentes… Et, comme mon mari est comme moi, rapidement, on se regarde et on se dit « Bon, on se tire ? » et nous voilà partis pour de nouvelles aventures. Au restaurant, je crois qu’il est pire que moi… il déteste attendre entre deux services !

A l'ordi... je me lève toutes les demi-heures pour faire quelques pas, quelques étirements, boire un thé, arroser les plantes, passer un coup de plumeau...

Dans les transports en commun, quand je devais traverser toute la ville… j’emportais un livre, mais pas facile de lire, trop de distractions. Cela dit, surveiller un type un peu chelou, ça permettait de s'occuper… Dans ma voiture, c’est différent ; la conduite exige un minimum de concentration, j’y parviens en me défoulant (autrefois avec la musique, maintenant en insultant tout le monde dans le secret de mon habitacle), et dans les embouteillages, j’admire les beaux immeubles et je fais plein de découvertes.

z02

Avec les enfants et les petits-enfants… oh la la… j’adore jouer avec eux, mais, toujours au bout de 30 à 45 minutes, faut qu’on change de plan, car ça me barbe ! Avec les gosses, c’est pas un problème, heureusement ! Au contraire, plus on fait de trucs, plus ils sont contents !
Il n’y a guère… qu’à l’aéroport que je reste patiente. D’abord l’attente est ponctuée d’étapes : chercher les guichets, les portes, faire l’enregistrement, passer les contrôles d’identité… Finalement, une fois en salle d’embarquement, parfois il ne reste plus beaucoup de temps à attendre. Mais si ça arrive, ça va… je regarde les gens, je pense à l’avion (j’adore les avions), à la destination qui m’attend… J’adore !

Par contre, en vol… je ne connais guère de chose plus pénible ! Et on est tellement mal installés, espace hyper étroit, hyper serré, je ne peux pas bouger mes jambes ! Je n’arrête pas de regarder ma montre. Je lis un peu. Je m’ennuie, je m’énerve. Il y a des endroits où je voudrais aller, mais la longueur du trajet est franchement un obstacle quasi insurmontable. De toutes façons, qui dit long voyage dit gros budget, donc… on réserve ça pour les Etats-Unis, qu’on espère pouvoir visiter une deuxième fois, en l’occurrence l’Ouest (et moi plus : New York, New York, New York…).

En fait, quand je fais quelque chose, je pense déjà à l'activité que je ferai après... et j'ai hâte.

Je passe pour une calme, car je reste chez moi et j’ai des activités tranquilles. Mais en fait, dans ma tête, je vis à mille à l’heure.

Illustrations : film La proposition