La naturopathie est une médecine non conventionnelle qui prétend équilibrer le fonctionnement de l'organisme par des moyens jugés « naturels » : régime alimentaire, aromathérapie, hygiène de vie, phytothérapie, techniques manuelles, exercices, etc. Elle fait partie des approches non conventionnelles qui se disent « holistiques ». Cependant, ses principes, issus de méthodes disparates, n'ont pas été scientifiquement validés - la naturopathie reste essentiellement considérée comme une pseudo-science.

Étymologie

Le terme aurait été inventé par John Scheel en 1885. Il vient du latin natura, « la nature, l'essence » et du grec pathos, « la maladie, le mal ». Devant l'étymologie inhabituelle du terme (il pourrait en effet être lu comme « la maladie de la nature »), certains promoteurs de cette pratique lui ont donné une autre origine, le « chemin de la nature », issue des mots anglais nature et path, le « chemin » ou « le mal étudié en fonction de la nature ». Pour les mêmes raisons, d'autres praticiens ont choisi le terme de « naturothérapie » le « soin par la nature ».

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Histoire

Les racines du mouvement naturopathique proprement dit sont à trouver au XIXe siècle, dans le cadre de l'hygiénisme qui accompagne la révolution industrielle dans les pays germaniques et anglo-saxons, et de la Lebensreform qui le poursuit en Allemagne.

Si l'on considère que la naturopathie est une médecine non conventionnelle qui vise à équilibrer le fonctionnement de l'organisme par des moyens jugés « naturels » : régime alimentaire, hygiène de vie, phytothérapie, techniques manuelles, exercices, etc., plusieurs courants plus anciens peuvent en être plus ou moins rapprochés, comme, entre autres, certains principes de la médecine posés par Hippocrate en Grèce antique, ou encore plus loin avec l'Ayurveda originaire d'Inde ou bien la médecine traditionnelle chinoise, même si des différences fondamentales empêchent d'assimiler ces traditions. Une lecture fine des préceptes de ces différentes traditions montre par ailleurs des différences fondamentales, à la fois entre elles et par rapport à la naturopathie, qui ne s'en inspire que très superficiellement.

Le terme « naturopathy » naît aux États-Unis, et semble employé pour la première fois par John Scheel en 1895, puis popularisé par Benedict Lust, père spirituel de la discipline. Tous deux sont déjà praticiens de médecine non conventionnelle, et très inspirés par les théories hygiénistes allemandes telles que celle de Sebastian Kneipp. À cette époque, Lust définit la naturopathie comme une discipline plutôt que comme une médecine précise, et décrit surtout une hygiène de vie rigoriste fondée sur le refus du tabac, de l'alcool, de la caféine et des abus alimentaires, associée à une prophylaxie mêlant la phytothérapie et l'homéopathie.

Benedict Lust fonde en 1901 l’American School of Naturopathy à New York, qui deviendra en 1919 l’American Naturopathic Association. Il commence à délivrer des diplômes, qui sont progressivement reconnus dans plusieurs États américains.

Après un bref succès, la naturopathie décline aux États-Unis dans les années 1930, du fait de vastes études médicales fédérales (notamment le Rapport Abraham Flexner), qui la décrivent comme une pseudoscience archaïque et sans efficacité, ayant contribué à un important retard sanitaire entre l'Amérique et l'Europe. Les progrès fulgurants de la médecine moderne importée d'Europe conduisent également les Américains à délaisser leurs pratiques artisanales issues du temps de la colonisation. En 1968, un rapport accablant du Département de la Santé et des Services sociaux des États-Unis dénonce l'absence de fondements empiriques comme théoriques de la naturopathie ainsi que son absence d'efficacité clinique, et invite à son éviction des systèmes de sécurité sociale.

Cependant, la naturopathie a entre-temps conquis une partie du public allemand et suisse, préparé par l'idéologie de la Lebensreform et l'ésotérisme théosophique (avec des théoriciens comme Rudolf Steiner). Hitler est le premier chef d’État européen à instituer un diplôme de naturopathe en 1939. Après-guerre, la naturopathie demeure populaire en Suisse et en Bavière, et s'installe progressivement en Angleterre et en France, puis regagne les États-Unis à la faveur du mouvement New Age, où sa pratique et son succès se stabilisent, malgré des critiques toujours constantes de la part des institutions médicales face à l'absence de théorie cohérente pour unifier et définir la discipline, et l'absence d'effet démontré pour la plupart des soins proposés.

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Ayurveda

Principes

Cette méthode est fondée, avec la notion fondatrice de « terrain » du patient et de sa qualité bonne ou mauvaise, sur la théorie des humeurs, doctrine hippocratique du Ve siècle av. J.-C. très en vogue en Europe jusqu'à la Renaissance. Cette théorie déclare que la maladie est avant tout due à un déséquilibre du « terrain » (ensemble des tissus de l'organisme), comme leur excès d'acidité, et en particulier des humeurs de l'organisme (sang, lymphe, bile, liquide céphalo-rachidien). Les naturopathes ont traduit en particulier ce déséquilibre par le concept d'encrassement des humeurs ou de surcharge humorale. Selon eux (et sur le modèle des médecins pré-scientifiques), les symptômes pathologiques (toux, fièvre, éruptions, etc.) sont souvent des crises de purification humorale et d'élimination toxique, le corps cherchant, comme la nature dont il fait partie, à rétablir par lui-même ses propres équilibres initiaux. La naturopathie se doit donc d'accompagner et faciliter cette purification plutôt que la combattre.

La naturopathie mise beaucoup sur la croyance en une autoguérison, mais avec cette nuance que la force vitale de la personne doit être suffisante pour la provoquer. Le pôle d'action principal du naturopathe est le drainage, tant « psycho-émotionnel » que physiologique et humoral (les humeurs sont les liquides physiologiques circulant dans le corps : sérum, sang et lymphe, auxquels certains adjoignent d'autres liquides imaginaires issus de la théorie des humeurs). Mais le champ d'action principal de la naturopathie est la prévention. D'une part par l'adoption d'un ensemble de techniques permettant de suivre une meilleure hygiène de vie, d'autre part en se maintenant à un niveau de santé qui limite les chances de tomber malade. Ainsi, le naturopathe n'intervient-il que rarement, et uniquement en complément de la médecine conventionnelle, dans les troubles ou maladies graves.

La naturopathie est une démarche active qui implique directement le sujet et le considère comme l’acteur de sa santé.

Les 5 principes de la naturopathie à partir des conceptions d'Hippocrate sont :

  • d’abord ne pas nuire (primum non nocere) ;
  • la nature est guérisseuse (vis medicatrix naturae) ;
  • identifier et traiter la cause (tolle causam) ;
  • détoxifier et purifier l'organisme (deinde purgare) ;
  • la naturopathie enseigne (docere).

Pratiques

Depuis 1898 (textes fondateurs de John Scheel et Benedict Lust) aux États-Unis et depuis 1935 en France, les 10 techniques sont classées comme suit :

  • l’alimentation ou hygiène nutritionnelle (diététique, nutrition, cures saisonnières)
  • la psychologie ou hygiène neuropsychique (relaxation, gestion du stress, hygiène relationnelle, relation d’aide, psychothérapies brèves, sophrologie)
  • les exercices physiques ou hygiène musculaire (gymnastiques douces, culture physique, yoga, stretching, danse, arts martiaux, bicyclette, natation).

Ces trois premières techniques, dites majeures, sont considérées ainsi comme nécessaires et suffisante à l’entretien de la santé.

Dans la plupart des cas, la situation de santé implique toutefois d’avoir recours à d’autres outils hygiéniques ou thérapeutiques, à savoir les 7 techniques secondaires suivantes :

  • l’hydrothérapie (utilisation de l’eau chaude, froide, tiède, alternée, locale, générale, interne, externe, douches, bains, thalassothérapie et thermalisme, argiles)
  • les techniques manuelles -jadis nommées chirologie- (massages non médicaux de type californien, coréen, Amma, onctions aromatiques)
  • les techniques réflexes ou réflexologie (appliquées au pied, à l’oreille, au nez, dos, … ; shiatsu, méthodes de Knap, Jarricault)
  • les techniques respiratoires, jadis nommées pneumologie, sont empruntées au yoga, aux arts martiaux, à la méthode de Plent21 ou de Jacquier, ionisations)
  • la phytologie utilise les plantes revitalisantes, drainantes, adaptogènes et les huiles essentielles)
  • les techniques énergétiques ont recours aux différentes formes de magnétisme, notamment grâce aux aimants.
  • et les techniques vibratoires, également nommées actinologie22, utilisent des couleurs, des rayonnements solaires et lunaires, de la spectroscopie infrarouge ou d'une gamme musicale.

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Réglementations

Depuis la résolution européenne (Collins & Lannoye) du 29 mai 1997, la naturopathie fait partie des médecines non conventionnelles pour lesquelles les états membres sont invités à s'accorder sur l'évaluation, l'enseignement et la réglementation des professionnels. La naturopathie est dite « médecine traditionnelle occidentale » pour l'OMS, qui a établi a établi un guide relatif à la formation des praticiens.

En 2015, ce métier n'est pas réglementé et son exercice est libre en France (« accessible sans diplôme particulier » selon la fiche Rome K1103 de Pôle Emploi). Toutefois, le praticien naturopathe ne peut procéder à aucun acte médical, tel que le diagnostic, la thérapie ou la prescription de médicaments.

Face à cette lacune légale, des naturopathes se sont regroupés en associations professionnelles (OMNES en France et UNB en Belgique) dont le but est de faire reconnaître et encadrer la profession mais aussi de standardiser la formation des praticiens de santé naturopathes.

En Australie, la naturopathie est reconnue par l'État et a sa propre école. Le diplôme s'obtient après trois années d'études. Médecins et naturopathes peuvent collaborer ensemble dans le traitement du patient. En Allemagne, le statut de Heilpraktiker praticien de santé est réglementé par la loi Heilpraktikergesetz (HPG) datant initialement de 1939.  

En Suisse, le métier de naturopathe fait l'objet d'un diplôme fédéral. La naturopathie n'est pas remboursée par l'assurance de base, mais certaines assurances complémentaires la prennent en charge.

Au Canada, la naturopathie est réglementée dans les provinces suivantes : Alberta, Colombie-Britannique, Manitoba, Nouvelle-Écosse, Ontario et Saskatchewan. Dans les autres provinces, la réglementation se fait à travers les diverses associations qui représentent les intérêts des membres naturopathes.

Dans la province du Québec, la naturopathie / naturothérapie n’est pas réglementée au niveau provincial. Sans réglementation provinciale, il existe donc quelques associations qui proposent la désignation de naturothérapie aux thérapeutes formés au Québec. Certaines compagnies d'assurances publient une liste d'associations ayant les exigences et l'encadrement dites nécessaires.

Critiques

Les méthodes ou produits « naturels » ne sont pas forcément plus sûrs ou plus efficaces que ceux qui sont artificiels ou synthétiques, tout traitement capable de susciter un effet peut aussi avoir des effets secondaires délétères.

Si la naturopathie a été officiellement reconnue et admise par l’État dans des pays tels la Suisse, l'Allemagne, l'Autriche, la Grande Bretagne et quelques pays nordiques, la naturopathie n'a cependant pas, en France et dans bon nombre d'autres pays de culture latine, de définition consensuelle. De plus, un grand nombre de pratiques disparates sont présentées par des individus ou des écoles sous cette bannière. Sa pratique n'est encadrée en France par aucune autorité, et n'importe qui peut se proclamer « naturopathe » sans formation - même si certains instituts privés proposent des formations, dont le diplôme n'a aucune valeur institutionnelle.

Pour la médecine scientifique, la naturopathie fait donc partie des pseudo-sciences, voire du charlatanisme : bien que se présentant comme un corpus théorique, les principes et méthodes de la naturopathie ne reposent ni sur un corpus bibliographique cohérent, ni sur une démarche scientifique de nature hypothético-déductive et fondée sur la preuve. La naturopathie invoque des concepts incompatibles avec les connaissances contemporaines d'autres domaines de la science, telle la notion d'énergie vitale, qui est une notion considérée en biologie comme une croyance irrationnelle.

Par ailleurs, le faible niveau de formation médicale de la plupart des naturopathes fait courir au patient le risque de se voir soumis à des pratiques inefficaces, contraires à l'éthique et potentiellement dangereuses alors même que des traitements ayant fait la preuve de leur efficacité existent. Ainsi, le Textbook of Natural Medicine omet de mentionner ou de traiter en détail de nombreuses affections courantes, et donc d'en présenter les traitements reconnus.

Enfin, comme pour toutes les pratiques non conventionnelles, la médecine scientifique estime qu'il existe un risque que des maladies potentiellement graves ne soient pas traitées pendant que le patient se limite à un programme conçu par son naturopathe, entraînant de fait un délai dans la prise en charge médicale du malade et un risque accru pour sa santé.

D'après Wikipédia